Guerre en Iran : le régime des mollahs frappe la CIA à Ryad
Parmi les frappes de drones lancées par l'Iran dans la région après l'attaque coordonnée des Etats-Unis et Israël samedi 28 février, l'une d'elles a atterri sur l'ambassade des Etats-Unis à Ryad en Arabie saoudite. Et selon le journal The Washington Post, une antenne de la CIA aurait alors été touchée. Si l'information venait à être confirmée officiellement cela "représenterait une victoire symbolique pour le régime des mollahs", écrit le quotidien, qui cherche à frapper les représentations américaines dans la région, au Qatar, en Arabie saoudite ainsi qu'aux Emirats arabes unis.
Dégâts matériels
Selon les informations du journal, deux drones se sont abattus sur le bâtiment, et plus précisément sur l'aile qui abrite la CIA. Si aucune victime n'est à déplorer, l'explosion a toutefois engendré de gros dégâts matériels, provoquant l'effondrement d'une partie du toit et un incendie. Une alerte interne du Département d'État obtenue par le Washington Post a ainsi déclaré que l'attaque du drone a "effondré" une partie du toit de l'ambassade et "contaminé" l'intérieur avec de la fumée. L'avis a déclaré que l'ambassade a subi des "dommages structurels" et que le personnel "continue de s'abriter sur place".
Néanmoins, l'étendue des dommages causés à l'agence, qui se trouvait au dernier étage de l'ambassade et est l'une des plus importantes de la région, n'est pas claire, poursuit le quotidien.
"Être pris pour cible fait partie du job"
Selon des sources proches de la CIA ou membres de la CIA elles-mêmes, la perte de cette station à Ryad n'est qu'une perturbation et cela n'affectera pas sa mission dans le pays car il existe des "solutions de contournement". "Être pris pour cible, ça fait partie du job", a déclaré un ancien officier qui a servi au Moyen-Orient. Et de poursuivre en déclarant que "la relation de liaison avec les autorités locales est si forte que je pense que les Saoudiens vont déployer le tapis rouge" pour accueillir le personnel de l'agence d'espionnage. Un autre ancien agent officier de la CIA a par ailleurs rapporté, toujours sous le couvert de l'anonymat, que "l'agence a déjà eu beaucoup d'expérience dans ce domaine au fil des ans... donc avoir une frappe de drone qui détruit le bureau est beaucoup moins perturbant que d'avoir une prise de contrôle d'une ambassade", comme cela s'est produit à Téhéran en 1979.
Depuis que les Etats-Unis et Israël ont mené des frappes contre l'Iran samedi, près de 1 250 missiles iraniens et des drones d'attaque auraient frappé le Koweït, le Qatar, Israël, les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite, visant des bases américaines mais aussi des cibles civiles. Mardi soir, le Pentagone a d'ailleurs publié les noms de quatre soldats américains tués dans une attaque de drone au Koweït dimanche. En outre, le Pentagone a annoncé ce mercredi que près de 2 000 frappes avaient été effectuées par les Américains en Iran, ajoutant que 17 navires iraniens, dont un sous-marin, ont été détruits. Selon le même communiqué, l'armée a par ailleurs assuré que les frappes des premières 24 heures étaient "deux fois" plus importantes que celles menées au début de l'invasion de l'Irak en 2003.