Le Maroc champion d’Afrique : Ce que ça change pour Regragui
La nouvelle, tombée mardi soir, a fait l’effet d’une bombe : le Maroc est officiellement champion d’Afrique 2025. Deux mois après une finale chaotique perdue sur le terrain face au Sénégal, la CAF a finalement donné match perdu aux Lions de la Teranga pour avoir quitté la pelouse en signe de protestation. Une victoire sur tapis vert, un titre administratif qui met fin à 49 ans de disette. Une immense joie pour tout un peuple, mais une joie teintée d’une ironie cruelle. Car l’homme qui a mené cette équipe jusqu’à ce sacre n’est plus là pour le célébrer.
Rendre à César ce qui est à César
Cet homme, c’est Walid Regragui. Épuisé par la pression, usé par les critiques virulentes qui ont suivi la défaite en finale, le héros du Mondial 2022 avait jeté l’éponge, présentant sa démission début mars. Il partait sur un sentiment d’échec, celui de ne pas avoir réussi à offrir à son pays un titre qui lui tendait les bras. Aujourd’hui, l’histoire lui donne raison, mais de la manière la plus étrange qui soit. Car ce titre, c’est bien le sien. C’est lui qui a construit cette équipe, qui l’a menée en finale, qui a même été élu meilleur entraîneur de la compétition. « Rendre à César ce qui lui appartient », la formule tourne déjà en boucle sur les réseaux sociaux.
Ce sacre posthume est une véritable réhabilitation pour un homme qui a été poussé dehors par une opinion publique à la mémoire courte. Ceux qui l’ont descendu, qui ont crié à la faillite, lui doivent aujourd’hui, a minima, des excuses. La question, même si elle semble ubuesque, mérite d’être posée : et si Regragui revenait ? Son successeur, Mohamed Ouahbi, a été nommé, il tient sa première conférence de presse ce jeudi. Un retour en arrière semble improbable, voire impossible.
Le silence des lauréats
Pour l’heure, l’ancien sélectionneur, comme ses joueurs, reste d’une discrétion exemplaire. Pas de triomphalisme, pas de célébration exubérante. Une forme de classe, de pudeur face à une victoire obtenue dans des circonstances si particulières. Ils savent que ce titre, même s’il est officiel, n’a pas la même saveur qu’une victoire acquise sur le terrain.
Quoi qu’il en soit, l’héritage de Walid Regragui est désormais gravé dans le marbre. Demi-finaliste de la Coupe du Monde, champion d’Afrique… son CV a pris une nouvelle dimension. Il est parti par la petite porte, mais l’histoire, aussi tordue soit-elle, a fini par lui donner raison. Une bien maigre consolation, sans doute, mais une consolation quand même.