Pourquoi Cade Cunningham est devenu le favori pour le MVP
Si jamais on se demandait encore quelle est la meilleure équipe de la Conférence Est, les Detroit Pistons ont répondu à la question de la plus belle des manières en s’imposant à nouveau contre les New York Knicks jeudi soir. Un succès probant au Madison Square Garden (111-126) en menant au score quasiment tout au long de la rencontre dans le sillage d’un grand Cade Cunningham. C’est devenu une habitude pour la franchise du Michigan, qui l’a emporté à chaque fois en trois duels avec sa rivale de Manhattan. Des résultats qui confirment sa nette domination dans sa moitié de pays avec désormais plus de 5 victoires d’avance sur son dauphin, les Boston Celtics.
Les Pistons sont tout simplement lancés sur les bases d’une saison historique à l’échelle de l’organisation. Ils sont en course pour terminer avec peut-être le meilleur bilan de Detroit sur un exercice, le record étant à 64 victoires (en 2006). Il paraît déjà acquis que ce groupe terminera avec l’un des cinq meilleurs bilans de l’Histoire du club. C’est tout de même inattendu, même après les bonnes performances de l’année dernière, quand l’équipe est passée de 14 à 44 victoires entre 2024 et 2025. Mais le cap vers les 60 wins est probablement encore plus grand et plus impressionnant à franchir. De quoi donner un argument de poids en faveur de Cunningham dans la lutte pour le MVP.
CQFR : Cunningham épate le Garden, Mathurin étincelant
Comme le souligne Blake Griffin, « tout part de Cade Cunningham » quand il s’agit d’expliquer le succès des Pistons. Il est la superstar de Detroit, ce top-10 player qui permet à cette formation d’avoir de vraies ambitions bien au-delà de la saison régulière. De par son profil, le jeune homme est taillé pour briller en playoffs. « Son super pouvoir, c’est de tourner des petits avantages en points. Il joue à son propre rythme », poursuit Griffin. Une analyse très juste.
Le joueur de 24 ans est constamment à la recherche du duel favorable qu’il va pouvoir exploiter pour scorer. Un peu à la manière des Luka Doncic et des autres manipulateurs de défense. Entre son mix de puissance, de taille et de vitesse, il se retrouve justement avec de nombreux match-ups avantageux chaque soir. OG Anunoby ne pouvait pas le contenir la nuit dernière. Jalen Brunson peut éventuellement rivaliser sur la robustesse mais il fait une tête de moins que son adversaire direct, qui lui a mis quelques paniers par-dessus. Karl-Anthony Towns n’a pas la mobilité latérale pour rester vraiment face à lui. Du coup, Cunningham s’est régalé : 43 points, 8 rebonds, 13 passes et la victoire au Garden.
CADE CUNNINGHAM WENT OFF AT MSG ????
42 PTS
8 REB
13 AST
2 BLK
5 3PM4 straight wins for the @DetroitPistons! pic.twitter.com/kBpLahGMOq
— NBA (@NBA) February 20, 2026
Une performance qui marque le coup d’envoi de la dernière ligne droite de la saison et qui restera peut-être dans les mémoires des votants au moment d’élire le MVP. Ces derniers ont souvent la mémoire courte, et comment les blâmer à une époque où tout est instantané, et faire forte impression sur les deux derniers mois de la saison tend à maximiser les chances d’être élu. Pendant que la star de Detroit brillait, Nikola Jokic perdait avec Denver. Bon, ce n’est que la vérité d’un soir mais les Nuggets ont été meilleurs sans leur maestro contre les Clippers. Ils ont d’ailleurs gagné 10 des 16 matches manqués par le Serbe cette saison. Jokic reste leur maître à jouer et le meilleur basketteur de la planète mais son équipe est enfin moins dépendante de lui. Au moins un peu moins.
Surtout, plus important, le Joker sera potentiellement inéligible puisqu’il ne peut rater qu’un seul match de plus avant d’être certain de passer sous les limite des 65 rencontres disputées cette saison. Seuil obligatoire pour recevoir une récompense en fin de saison. L’autre favori Shai Gilgeous-Alexander a encore un peu de marge mais il est lui aussi absent en raison d’une blessure aux abdominaux. Un pépin physique souvent douloureux et difficile à gérer. Le Thunder a débuté la saison en trombe mais a ralenti depuis et ce sentiment de domination moins marquée pourrait là aussi profiter à Cade Cunningham. Les Pistons sont d’ailleurs titulaires du meilleur bilan NBA ! Ils sont repassés devant Oklahoma City !
Qu’il remporte le MVP ou non, l’ancien premier choix de draft réalise une excellente saison. Sa progression est visible, notamment aux tirs. Parce que pour vraiment pouvoir « débloquer » complètement son basket en un-contre-un, il se devait d’être régulièrement capable de dégainer à mi-distance ou à trois-points. Une évolution observée constamment dans le domaine depuis ses débuts pour arriver aujourd’hui à 47% de réussite dans la zone intermédiaire. Un must pour les superstars qui jouent beaucoup de picks-and-roll chaque soir. Grand avec des épaules larges et d’un bon équilibre, Cunningham excelle à la finition mais il sait aussi faire les bonnes lectures quand la défense se resserre. Tous les atouts nécessaires pour briller en playoffs. Parce qu’en plus du MVP, les Pistons peuvent surtout se mettre à rêver de finales NBA. Avec un Américain enfin en position de chercher le trophée, les votants seront peut-être très tentés de lui donner. Ce serait la parfaite photographie de la superbe saison du joueur et de sa franchise. En tout cas, avec cette perf contre les Knicks, son run est lancé.