Couchsurfing : ces trois Corréziens racontent pourquoi ils hébergent des voyageurs
Offrir le couvert et un lit pour la nuit au voyageur de passage. L’idée est vieille comme le monde rappelle Marie-Hélène, qui se souvient des histoires de sa grand-mère et de cette assiette laissée libre chaque soir, au cas où quelqu’un toquerait à la porte. Mais à l’heure d’Internet et des plateformes en ligne, l’hospitalité s’est réinventée. Le voyage aussi.
Couchsurfing et Airbnb : quelles sont les différences ?
Le cuisinier des VosgesÉric et Cees, originaire de la Haye aux Pays-Bas, ont posé leurs valises dans le pays d’Argentat « car curieusement chez nous, quand on recherche “maison pays vert et calme” sur Internet, on tombe sur la Corrèze », racontent-ils. Entre forêt et Dordogne, dans un si petit hameau qu’on peine à imaginer voyageurs et touristes affluer, ils en reçoivent pourtant quelques-uns.
« Une fois, c’est un cuisinier des Vosges qui est venu. Il demandait pour un ou deux jours, il est finalement resté pour quatre. » Pour le plus grand bonheur de leurs papilles : « il cuisinait tout le temps, c’était super ! »
Plus curieux : une autre fois, ils tombèrent sur un homme de « 60-70 ans avec son âne qui patientait devant notre porte. Il avait vu l’herbe haute dans notre jardin et demandait si son âne pouvait la brouter. » Quelques heures plus tard, la tente de celui qui disait « voyager le monde à pieds avec son animal » se dressait dans le jardin.
couchsurfing illustratio
Une nuit sur sur le parquet« La première fois que j’ai utilisé le couchsurfing, c’était avec une amie à Cracovie, raconte Agnès. Nous sommes arrivées sous la neige, il faisait hyper froid et c’est une étudiante qui nous a accueillie. Ça c’était vraiment super bien passé, elle nous avait même préparé à manger. »
Depuis, elle a multiplié les expériences. À Glasgow, Vienne, Édimbourg, Tulle. « Bon, comme hôte à Tulle, on ne voit pas beaucoup de monde, les voyageurs doivent plutôt aller à Brive… », concède celle qui a d’abord vu dans le couchsurfing une belle opportunité « car je n’avais pas beaucoup d’argent », avant de réaliser après sa première expérience « qu’en fait c’était vachement bien pour faire de belles rencontres, pour discuter du pays et de la société ».
Comme hôte, elle reçue pour la première fois un couchsurfeur sur recommandation d'une amie. « Mais dans mon petit appart à Vienne je n'avais vraiment, mais alors vraiment pas de place... » C'est finalement sur le parquet et dans son sac de couchage que le jeune voyageur passera la nuit. Un premier accueil dont elle n'est aujourd'hui pas si fière, mais qui ravit à merveille le dormeur aux os solides !
Pieds-à-terre sur tous les continents« Maintenant je sais que je peux être accueilli en Suède, en Argentine, en Normandie… », liste Pascal, 34 ans. Installé à Chameyrat depuis quelques années, il est un aficionado du concept. « J’ai toujours eu cette logique d’accueil, pas forcément via le site du Couchsurfing. » En voyageant en stop notamment, où ne furent pas si rares les fois où le conducteur lui ouvrit ses portes pour la nuit.
Alors quand ses amis lui lâchent « mais tu accueilles des gens que tu ne connais pas ? », il ne peut s’empêcher de sourire. « Ben oui. Et je fais de très belles rencontres, il y a des gens avec qui je suis encore en contact. » Comme ces Parisiens, qui l’ont logé sur la capitale après avoir été hébergés sur ses terres corréziennes.
Alors le « canapé surf », qu’est-ce que c’est et comment ça fonctionne ?La plateforme en ligne présente ainsi son idéal sur sa page « à propos » : « les couchsurfeurs partagent leur vie avec les personnes qu’ils rencontrent, favorisant les échanges culturels et le respect mutuel. » Autrement dit, un service d’hébergement temporaire et gratuit, permettant de mettre en relation les voyageurs inscrits sur le site avec les hôtes des villes traversées, et ce dans le monde entier.Exemple, Mauro, Chilien, est en voyage en Corrèze. Plutôt que d’aller à l’hôtel, il espère rencontrer des Tullistes et passer la nuit dans son sac de couchage sur un bout de canapé. Sur la plateforme, il regarde qui sont les hôtes à Tulle, envoie un message et voit si l’accueil est possible. Aucune obligation de dire oui pour l’hôte, tout se fait très librement.
Robin Bouctot