Tentative d'assassinat aux Mariniers, à Moulins : "Il m'accuse de violences pour couvrir les siennes"
« Je vous assure que pour comprendre ce dossier, il faut le lire plusieurs fois ! », martèle la conseillère du président de la chambre de l’instruction de Riom. Devant ses yeux : l’affaire des coups de feu du quartier des Mariniers, à Moulins. Le 29 septembre 2019, vers deux heures du matin, dans la rue du Rivage, un homme d’une trentaine d’années était atteint par deux balles d’un pistolet de calibre 45, au niveau des jambes.
Emmenée au centre hospitalier de Moulins dans un état critique, la victime a pu être tirée d’affaire. Mais ses blessures lui ont valu 100 jours d’ITT, les médecins se disant inquiets sur le devenir de sa jambe droite.
Des tensions entre clansUn homme a été interpellé et mis en examen pour tentative d'assassinat quelques temps après les faits. Plusieurs témoins le désignent comme l’auteur des coups de feu. Un autre suspect fait actuellement l’objet d’un mandat de recherche. L’agression aurait pour cadre des tensions entre deux groupes rivaux qui se trouvaient dans le même bar ce soir-là. Selon les premiers éléments de l’instruction, toujours en cours, une bagarre aurait d’abord éclaté à proximité de cet établissement.
Tentative d’assassinat aux Mariniers à Moulins : « Je n’ai rien à voir avec ces tirs »
Le suspect aurait été frappé à la tête à l’aide d’une bar de fer. Il est soupçonné, en guise de riposte, d'être allé chercher une arme et d'avoir tiré à plusieurs reprises sur son agresseur présumé, fortement alcoolisé au moment des faits.
"Les choses ne sont pas claires"En détention provisoire depuis huit mois, ce ressortissant Algérien de 30 ans a fait une demande de remise en liberté. Mais celle-ci a été rejetée par la chambre de l’instruction cette semaine. « Les choses ne sont pas claires et les investigations doivent se poursuivent », estime Pascale Reitzel, avocate générale, qui a requis le maintien en détention.
« Je ne vais pas faire de mon client un saint. Il y a eu des violences mais il ne les a pas commises tout seul. La victime pourrait aussi être mise en examen pour le coup de barre sur la tête.
Le suspect a lui aussi porté plainte pour cette attaque. « Je me souviens exactement de ce qui s’est passé ce jour-là, contrairement à la victime », se défend ce dernier. "Celle-ci m'accuse pour couvrir les violences qu'il m'a infigées."
Confrontation attenduePour Me Anne Paccard, avocate de la victime, les déclarations de son client sont au contraire bien « précises ». « Il a subi un préjudice considérable, il aura des séquelles à vie. » Elle craint des pressions sur son client, en cas de remise en liberté du suspect. Une confrontation entre les deux hommes est attendue prochainement.
Olivier Choruszko