Michael Lonsdale, l'acteur qui trouvait tout normal (1931-2020)
Dans les journaux people, tel acteur ou telle actrice se dit capable de tous les jeux, de toutes les expériences. C'est la plupart du temps, sauf exception, faux. Untel ne supporte pas qu'on filme sa calvitie naissante, unetelle ne rêve que d'un prix à Cannes et refuse tous les rôles qui ne lui attireront pas un large public. Ils font récrire les scénarios à leur convenance, etc. Ils s'embourgeoisent avec le succès.
Michael Lonsdale ne disait rien, mais il n'avait pas besoin de le dire, ses rôles parlent d'eux-mêmes : il n'avait pas peur de déroger. Son image, il s'en fichait bien, lui, l'homme un peu rond mais grand, doté d'une voix grave et d'une douceur incroyable. Toujours classe, flegmatique, selon le cliché qu'on se fait des Britanniques (son père était Anglais). Bourgeois de naissance, il n'avait pas eu besoin d'en rajouter.