L'Adapei sénégalaise venue s'inspirer et nouer des contacts à Brive
Le président de l'Association départementale des amis et parents d’enfants inadaptés (Adapei) de Rufisque au Sénégal, Moussa Samba, était à Brive cette mi-décembre, s’inspirer de l’association corrézienne. L'objectif est de monter des actions adaptées à son département de 700.000 habitants, situé à 25 km de Dakar.
Les premiers pas de l'association sénégalaise« Notre association créée il y a trois ans, n’en est qu’à ses balbutiements, a expliqué le président sénégélais. Elle est née il y a trois ans de la coopération du conseil départemental de l’Ain et de celui de Rufisque où je préside la commission Éducation et santé, a expliqué le Sénégalais. Notre plan d’actions 2020-2024 a été retardé en raison du Covid. L’objectif est notamment de “tropicaliser” un Esat, un projet né après la visite d’un établissement à Bourg-en-Bresse. »
À Brive, la délégation sénégalaise est ainsi venue découvrir le fonctionnement de l’Établissement ou services d’aide par le travail (Esat) de Malemort, géré par l’Adapei de la Corrèze.
ESAT Bessemer. Installé à l’automne 2017 dans des locaux neufs sur plus de 11.000 m2, rue Bessemer, l’Esat de Malemort a repris les anciennes activités, sous-traitance et espaces verts, et en a développé deux autres : la blanchisserie et la cuisine centrale avec un self ouvert aux personnes extérieures. Ces ateliers emploient environ 130 personnes handicapées.
« Une opportunité s’est faite grâce au docteur Ndiaye, psychiatre à l’hôpital de Brive qui est mon neveu, a poursuivi Moussa Samba. Notre visite à l’Esat de Malemort nous a fait prendre conscience de l’importance de l’accompagnement : il ne faut pas uniquement apporter de l’aide par le travail, ne pas fonctionner qu’à travers l’assistanat, mais responsabiliser la personne handicapée. À Malemort, toutes les personnes en situation de handicap savent ce qu’elles font. Nous souhaitons réaliser un Esat à la sénégalaise en nous inspirant des Esat français. »
Changer le regard sur le handicap au SénérgalAu delà de ce projet, Moussa Samba voudrait changer le regard sur le handicap dans son pays : « Quand tu as un enfant handicapé, c’est comme si les dieux étaient contre toi au Sénégal ! regrette Moussa Samba. Beaucoup d’enfants sont rejetés par leur père, des mamans se retrouvent alors en grande précarité et nous demandent de l’aide. » Le président de l’Adapei sénégalaise veut avant tout aider les enfants :
Depuis la loi de 2010 instaurée au Sénégal en faveur des personnes handicapées, 150 enfants handicapés sont scolarisés à Rufisque, ce qui est très peu. Selon notre recensement en cours pour repérer les personnes handicapées, on a déjà compté 800 enfants concernés sur cinq des onze communes du département !
L’objectif de l’Adapei de Rufisque est ainsi de créer des écoles de proximité pour ces enfants et de leur fournir du matériel adapté (fauteuil, document en braille, appareil auditif…). « Comme nous n’avons pas d’aide de l’Etat, nous faisons appel à des mécènes », précise Moussa Samba qui a trouvé un nouveau soutien avec l’Adapei de la Corrèze.
Un partenariat et un voyage d’études en projet« Cette visite a été une vraie rencontre culturelle et sociologique, avec des personnes combatives et engagées, a commenté Gérard Restouex, directeur de l’Adapei de la Corrèze. Nous pouvons leur apporter notre expérience mais aussi envisager une aide matérielle et financière. Et eux, par leur humilité, peuvent nous apporter aussi beaucoup ! »
De nouvelles rencontres entre les deux Adapei sont ainsi envisagées, notamment un voyage d’études à Rufisque mené par les Corréziens.
Christine Moutte