Ouparine Djoco, le jeune gardien du Clermont Foot qui se dévoile en Ligue 1
Revenons d'abord à Nice, votre premier match en L1. Vous vous y attendiez ou c’est un parpaing qui vous est tombé sur la tête ?
(Il écarquille les yeux). « Franchement, celle-là, je ne l’ai pas sentie arriver ! Je suis à l’entraînement, comme d’habitude et on m’annonce un changement, que je dois me préparer à jouer, trois jours avant le match. Voilà. »
Que vous êtes-vous dit ?
« On pense aux années de travail et on se dit que cela va peut-être enfin être son heure. J’ai évité de me mettre de la pression pour jouer ma carte et vivre le truc à fond. J’avais juste envie de bien faire. »
Surpris que cela arrive finalement assez vite...
« Oui, je pense. Quand même ! Ce n’était peut-être pas le bon timing, avec cette défaite juste avant la trêve à Saint-Étienne (2-3, Ndlr). Après, il y a eu ce match amical à Châteauroux et on l’a joué comme toujours dans ces cas-là : Arthur (Desmas) qui joue la première période et moi la seconde. Donc, oui, je ne l’ai pas vu venir. »
(Avec Arthur Desmas), on est concurrent mais toujours assis l’un à côté de l’autre. J’étais là pour lui quand il jouait, il est là pour moi aujourd’hui.
La décision de changer de gardien aurait pû être prise après ce match amical ?
« Franchement, je ne sais pas du tout (*). »
Ce bouleversement de la hiérarchie a-t-il modifié vos rapports avec Arthur Desmas ?
« Non, pas du tout. Et ce n’est sans doute pas si commun dans le foot, on est concurrent mais toujours assis l’un à côté de l’autre. J’étais là pour lui quand il jouait, il est là pour moi aujourd’hui. »
Mais le premier jour quand même... Il n’y a pas eu de gêne, de la retenue par rapport à l’autre ?
(Il hésite). « Ben oui, ça fait bizarre ! Rien que t’entendre aux entraînements que tu passes en premier sur les exercices... Mais on s’y habitue. Mais Arthur est quelqu’un d’entier, qui t’encourage. On se pousse les uns les autres. Il n’y a pas de conflit entre nous, y compris avec Lucas (Margueron, le gardien n°3, Ndlr). »
Vous débutez donc face à Nice et il y a cette boulette de votre part sur l’égalisation niçoise. On se dit quoi à cet instant ?
« Là, c’est le vide dans ma tête... Je n’ai pas compris ce qui se passait. Je me suis dit ! "Mais c’est pas possible !". Mais je ne pouvais pas me laisser abattre, pas me laisser bouffer de l’intérieur malgré cette erreur. »
« Ce but encaissé face à Nice, c’est trop gros »Cette faute de main, l’avez-vous analysé ?
« Bien sûr, j’ai revu les images... Je n’étais pas bien au niveau de mes appuis, première chose. Je " m’écrase " un peu au moment de plonger. Je me dois d’être plus attentif, plus concentré. Mais je retiens aussi que je ne me suis pas laissé abattre. Ce n’est pas mon genre. Je me suis dit après coup : "Ce but, c’est trop gros". »
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Vous avez craint d’être aussitôt écarté ?
« Peur, je ne sais pas. J’aurais trouvé cela un peu injuste mais il faut toujours respecter les décisions du coach. »
C’était compliqué les premiers temps, mais petit à petit, je pense que j’ai trouvé mes marques.
Quel bilan tirez-vous de ces cinq matches comme N°1 dans les buts ?
« C’était compliqué les premiers temps, mais petit à petit, je pense que j’ai trouvé mes marques. C’est un rythme, des repères totalement nouveaux. Moi, je n’ai jamais enchaîné comme ça. Tout diffère aussi de l’entraînement. Mais petit à petit, ça vient. »
La plus grosse différence au plus haut niveau ?
« L’exigence de concentration. Il faut toujours rester en éveil. La moindre erreur se paie cache en Ligue 1. Même par rapport à la saison passée (il avait joué trois matches en L2), c’est autre chose. C’est pour moi clairement un axe de progression. »
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On vous souhaite quoi ?
« Que le club se maintienne. C’est la priorité. »
(*) Jugé fébrile à plusieurs reprises auparavant, Desmas a aussi été jugé en partie responsable de la remontada de Saint-Etienne (défaite 3-2 du CF63, après avoir mené 0-2).
Propos recueillis par Valéry Lefort