Ressource en eau : le niveau des nappes souterraines jugé inquiétant en Corrèze
La situation en Corrèze n’est pas aussi inquiétante de celle de la Creuse ou de la Haute-Vienne, mais le manque d’eau de l’hiver se fait globalement ressentir dans le département. « La Corrèze possède un sous-sol granitique composé de nappes de surface et d’accompagnement des cours d’eau. Cela les rend plus réactives aux aléas climatiques et à la pluviométrie », explique Nicolas Ilbert, directeur de la délégation Atlantique-Dordogne pour l’agence de l’eau Adour-Garonne.
Un phénomène de ruissellementPour cet expert de l’eau, l’assèchement des sols durant l’été 2022 explique en partie le phénomène. « Les quelques épisodes pluvieux sur un sol sec ont entraîné un phénomène de ruissellement. Les rivières ont grossi, ponctuellement, avant de retrouver leur niveau antérieur. Il faudrait un épisode de pluie sur la durée pour que les recharges en eaux s’opèrent, avant que la végétation ne sorte », insiste-t-il.
Avant la sécheresse, « les nappes étaient pleines »Deux autres facteurs devraient influencer la recharge en eaux des nappes souterraines dans les prochains mois : la vitesse de la fonte des neiges sur les massifs auvergnats et l’activité des barrages, qui font un effet tampon sur les cours d’eau.
Ce manque d’eau dans les nappes se mesure dans le dernier rapport mené par le réseau régional du suivi quantitatif des nappes du limousin. Sur les quinze points du réseau piézométrique de Corrèze, deux se situent au niveau bas (niveau 2), six sont inférieurs à la moyenne (niveau 3), deux sont au niveau moyen (niveau 4) et quatre au niveau supérieur à la moyenne. L’évolution est à la hausse. « Souvenons-nous que lorsque la sécheresse a débuté en 2022, les nappes étaient pleines », rappelle Nicolas Ilbert.
Pierre Vignaud