Au salon avicole de Brioude, Jean-Paul Siozade partage sa passion pour les pigeons
Sur les devantures de ses volières, Jean-Paul Siozade affiche d’innombrables récompenses issues de concours d’aviculture. « J’ai dû en obtenir une centaine en tout… Mais à vrai dire, j’ai jeté quelques prix à la poubelle ! » C’est peu dire que Jean-Paul Siozade est une référence en la matière. Et pas seulement dans le Brivadois.
L’homme a vadrouillé dans l’Hexagone, présenté ses plus jolis pigeons. Avec succès. Le septuagénaire a aussi contribué à la création de la société d’aviculture du Brivadois dont il fut même président. Sans surprise, cet ancien charpentier menuisier, basé à Saint-Georges-d’Aurac, participe donc ce week-end à la 32e exposition nationale d’aviculture qui se tient à Brioude. Mais finit le temps des résultats. Désormais, Jean-Paul Siozade, 74 ans, souhaite « surtout faire de beaux pigeons et prendre plaisir à les montrer au public ».
« Avoir 10 ou 20 pigeons… Ça ne m’intéresse pas »Car l’amour de l’animal prime. Les voir grandir, les nourrir, prendre soin d’eux… Cela passe bien avant la gloire d’une médaille ou d’une coupe.D’ailleurs, jamais il n’a souhaité en faire son métier.
« S’il y avait un aspect pécuniaire je n’aurais sans doute pas le même regard, pas la même relation que j’ai actuellement avec mes pigeons. Là je les ai uniquement pour leur beauté et ça me suffit amplement. »
L’affection pour les volatiles, il la porte depuis plus de 60 ans. Le coup de foudre tombe lors de vacances passées chez son oncle à Grenier-Montgon. « Il aimait beaucoup les animaux, se souvient-il. Il me proposait de nourrir son cheptel. Au contact des bêtes et surtout du pigeon le déclic s’est opéré. »
En réalité, Jean-Paul Siozade est baigné dans le monde des animaux depuis longtemps. « Mon grand-père et mon père en avaient, j’avais une famille tournée vers les bêtes. »
Pigeons, poulets, coqs, lapins...À 25 ans, l’Altiligérien démarre sa propre aventure. L’ancien menuisier choisit le pigeon Sottobanca, une race d’origine italienne. « Un coup de cœur », avoue-t-il. L’homme monte vite à une centaine de volatiles.
« Il y a dix ans j’en avais 500, aujourd’hui j’ai réduit à 150 environ et dans quelques années je devrai diminuer encore… Je vieillis »
Néanmoins, hors de question de supprimer drastiquement ses effectifs : « Avoir 10 ou 20 pigeons… ça ne m’intéresse pas » Son cheptel est attenant à l’entreprise familiale. Sur un grand espace d’environ 500 m². Désormais, pigeons, poulets, coqs, lapins et perruches vivent paisiblement.
« L'exposition a une bonne renommée »L’âge avance, mais Jean-Paul Siozade a encore la pêche. Une fois à l’intérieur des volières, il n’a aucun mal à attraper un Sottobanca. « Ils n’ont pas mauvais caractère même si certains se laissent plus facilement attraper. » La complicité règne. Moment privilégié. Longtemps accaparé par son entreprise, le septuagénaire rattrape aujourd’hui le temps perdu. Ou du moins prends plus le temps de profiter de son cheptel. « En activité je ne pouvais m’en occuper que le dimanche ou durant les expositions, c’est peu. »
Heureusement, l’ancien chef d’entreprise a pu compter sur sa belle-mère et son épouse. « Pourtant, elle n’aime pas les animaux, mais elle savait que c’était ma passion. […] Mes enfants et petits-enfants étaient contents de voir l’élevage mais en grandissant ils n’ont pas attrapé le virus… Chacun ses passions. » Aucune amertume.
Exposition nationale d’avicultureRendez-vous à la salle polyvalente de Brioude aujourd’hui de 9 heures à 18 heures et demain de 9 heures à 17 heures. Au total 930 cages siégeront à la salle polyvalente. Elles abriteront lapins et pigeons de différentes races. Les volailles manqueront à l’appel en raison du virus de la grippe aviaire.
Ce week-end, le septuagénaire présente une vingtaine de pigeons à Brioude. Un salon forcément important à ses yeux. Du fait de son passé en tant qu’ancien président de la société d’aviculture du Brivadois. « J’ai vraiment connu de bonnes années ici, l’exposition a une bonne renommée. » Quelques souvenirs cocasses remontent : « Lors de l’installation des cages il est déjà arrivé que des pigeons s’échappent. Alors il fallait revenir dans la nuit pour les chercher. Il est déjà arrivé d’en perdre malheureusement. » Ce week-end encore, le soin de ses volatiles devrait attirer l’œil des visiteurs. Un savoir-faire long d’une cinquantaine d’années. L’expérience, ça ne s’achète pas.
Mathis Eon

