Nécessité ou plaisir ? Le bricolage a toujours le vent en poupe dans le Puy-de-Dôme
L’étude date de mars 2021 mais la dynamique qu’elle illustrait ne s’est pas essoufflée. Selon les éléments recueillis à l’époque par Opinionway pour Alkemics, 27 % des Français bricolent plus qu’avant les confinements et 44 % bricolent même au moins une fois par mois. Si certains se sont sans doute découvert une vocation, la plupart des foyers se mettent aux travaux par nécessité. Question de budget. Le prix apparaît logiquement comme le premier critère privilégié lors d’un achat de bricolage (à hauteur de 63 %).
Un défiC’est bien avec l’idée de réaliser des économies que Cyril Roque s’est attaqué à son premier chantier, il y a plusieurs mois de ça, soutenu par sa compagne Aurélie Cardoso. Installés à Vic-le-Comte, ils avaient la volonté d’aménager une grange attenante, pour agrandir les volumes et s’offrir davantage de confort. Poser un parquet, des plaques de plâtre et tirer des câbles électriques ? Jamais fait. Mais très vite, le besoin est devenu un défi.
Cyril Roque a relevé le défi d'aménager une nouvelle pièce de vie dans une ancienne grange (photo Rémi Dugne).
"Quand je me lance dans telle ou telle tâche, je vais peut-être regarder 200 tutos sur Internet, témoigne l’agent administratif. Je cherche quelqu’un qui fait assez professionnel car je pense qu’il faut trier… il y en a certains qui sont aussi bons que moi (rires). Puis, à force de regarder, on prend confiance. Et je suis méticuleux, ça me sauve."
Cyril a reçu un coup de main pour le solivage ou l’électricité mais tout le reste de la nouvelle pièce, des murs au plafond, il en a fait son affaire, quitte à se percher sur un échafaudage. Prochain objectif : poser un parquet. Dans cette maison de bourg, pas un mur n’est droit alors il a besoin de conseils pour savoir par où démarrer… Il s’est donc tourné vers Castorama.
Stages en magasinÀ l’image d’autres magasins spécialisés, l’enseigne de bricolage a mis en place des castostages, ateliers gratuits qui ont lieu chaque samedi sur un thème différent. Sur le site d’Aubière (Puy-de-Dôme), à titre d’exemple, il sera possible en septembre, sur simple inscription, d’apprendre à monter un dressing, réaliser de la plomberie sans soudure, poser du carrelage mural ou installer un chauffage électrique.
"Le collaboratif est une véritable lame de fond, affirmait dès 2019, dans Libération, Mathieu Pivain, président de la Fédération des magasins de bricolage et de l’aménagement de la maison. Les enseignes de bricolage ont toutes pris position sur ce marché via des tutoriels vidéo, des plateformes de services entre particuliers ou en nouant des partenariats avec des start-up de jobbing pour l’aide aux travaux."
C’est une réponse à tous ceux qui considèrent que le bricolage est anxiogène. Grâce à Internet, il est aujourd’hui beaucoup plus facile de se lancer sereinement dans des tâches complexes.
La recherche de conseils et de bonnes pratiques a conduit naturellement Raphaël Vitry vers le castostage "parquet". Propriétaire d’un appartement clermontois, il ne s’est jamais confronté à de gros chantiers comme Cyril Roque. Mais il a la volonté. Et les encouragements de Sarah, la mère de sa petite Elise : "Je sais qu’il est motivé pour progresser."
Le déclicMécano avion dans la vie active, Raphaël a déjà les qualités de rigueur et de précision que demande l’activité de bricolage et il s’est équipé d’une boîte à outils complète pour ne pas être pris au dépourvu. Il faut juste le déclic. D’autant que la liste de travaux est prête : un parquet flottant à changer dans une chambre, un mitigeur à remplacer dans la cuisine, une étagère à accrocher dans le salon, un placard à aménager.Le bricolage, une affaire de famille (photo Rémi Dugne).
"Il y a bien sûr l’aspect économique, car faire appel à un artisan, cela peut revenir cher, confie le père de famille. Si l’on peut faire l’impasse sur la main-d’œuvre, c’est mieux. Mais il y a aussi la satisfaction de dire qu’on a réalisé les travaux soi-même. Et il n’y a pas de secret. Dans le bricolage comme dans d’autres domaines, c’est en pratiquant que l’on apprend."cSarah, enseignante, complète son propos en parlant de "pédagogie". Essentielle selon elle pour donner du courage aux amateurs.
MixitéL’économie collaborative offre pour cela plusieurs alternatives (tutos, coachs à domicile, ateliers de bricolage, plateformes d’aide entre particuliers, etc). Mais Sarah mise aussi sur le travail en couple. Une étude, publiée par l’Ifop à l’occasion de la journée mondiale du bricolage, en mai dernier, va dans son sens. On peut y lire que plusieurs tâches ne sont plus perçues comme l’apanage de l’homme et qu’elles peuvent être assumées par les deux sexes. Par exemple, percer un trou dans un mur (51 % des sondés), monter un meuble (61 %) ou tenter de réparer les appareils électroniques (59 %). Le bricolage est définitivement l’affaire de tous.
Thierry Senzier