Carburants : les prix de l’essence et du gazole continuent leur folle ascension
Les tarifs à la pompe sont au plus haut depuis le début de l’année. Alors que les Français subissent l’inflation et les dépenses de la rentrée, les prix du gazole et de l’essence gravissent des sommets depuis juillet.
La hausse la plus marquante concerne le gazole, avec un litre qui dépasse au 19 septembre les 1,95 euro, soit trois centimes de plus que la semaine dernière, et 25 centimes depuis début juillet. Le tarif du SP95 s’approche lui dangereusement de la barre des deux euros, en dépassant cette semaine les 1,97 euro, tandis que l’E10 tourne autour des 1,96 centime.
L’augmentation totale sur l’année 2023 dépasse les 8 % pour l’E10, 7 % pour le SP95, 6,7 % pour le SP-98 et 2,5 % pour le gazole, qui reste le carburant le plus avantageux.
Si le prix au litre de chaque carburant s’approche dangereusement des 2 euros, on peut rappeler qu’ils sont plafonnés à 1,99 euros jusqu’à mars 2023 dans toutes les stations TotalEnergies. D’autres stations ont indiqué des ventes à prix coûtant de manière ponctuelle. Le gouvernement écarte pour l’instant toute ristourne à la pompe, comme il avait pu le faire de septembre à décembre 2022 avec des remises de 20 puis 10 centimes, qui avaient coûté quelque 550 millions d’euros à l’entreprise, mais avait provoqué un afflux record dans ses stations. A partir de décembre, la vente à perte sera aussi autorisée par le gouvernement.
Une réduction de la production
Comment expliquer cette envolée soudaine ? Les premiers responsables sont deux pays de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), la Russie et l’Arabie saoudite, qui impactent l’offre et donc le prix mondial en décidant de réduire leur production.
En plus du prix du baril, qui constitue un des deux facteurs principaux ayant une influence sur le prix du litre à la pompe en Europe, le cours de l’euro joue un rôle clé. Puisque les prix des marchés mondiaux sont exprimés en dollars, les variations de l’euro par rapport à la monnaie américaine ont un impact direct sur les prix. On paye ainsi mécaniquement plus cher le pétrole brut quand l’euro perd de sa valeur, comme l’explique Olivier Gantois, le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), à Libération.

