Un Real sans âme, un Arsenal sans pitié
Tout Madrid y croyait. Les chants, les banderoles, les promesses. Mais la grande soirée annoncée s’est vite évaporée dans l’air tiède du Bernabéu. Arsenal, méthodique, intelligent, impitoyable, a étouffé les espoirs madrilènes et s’est qualifié pour sa première demi-finale de Ligue des Champions depuis 2009. Pas de frissons, pas de révolte. Le Real Madrid n’a pas sombré, mais il a renoncé.
Le plan parfait des Gunners
La mission était claire pour les hommes d’Arteta : gérer l’avance de l’aller, un large 3-0 gravé dans les têtes. Ils l’ont fait avec calme, sans frénésie. Bukayo Saka a d’abord allumé la première mèche avec une frappe que Courtois a bien captée. Puis le même Saka a obtenu un penalty, qu’il n’a pas converti. Dans la foulée, le Real pensait hériter du sien sur une action litigieuse entre Rice et Mbappé, mais la VAR est venue calmer la fièvre blanche. La première période s’est refermée sur un faux rythme et un constat : le Real, malgré son armada offensive, n’avait cadré aucun tir.
Saka brille, Vinicius répond
Le début de second acte a confirmé l’impression dominante. Arsenal ne reculait pas, Arsenal respirait. Et Arsenal a frappé. À la 65e, une superbe combinaison entre Merino et Saka a mis l’Anglais sur orbite pour un piqué imparable. 1-0, fin des débats ? Pas tout à fait. Deux minutes plus tard, un éclair de Vinicius redonnait un souffle au Bernabéu. Pressing sur Saliba, ballon chipé et but plein de rage pour le Brésilien. Mais ce fut un feu de paille.
Mbappé, soirée noire
Le Real, déjà groggy, a fini par perdre son dernier atout. Mbappé, muet et maladroit, s’est blessé à la cheville à la 75e et a quitté le terrain, spectateur impuissant de l’échec collectif. Lui qui avait quitté Paris pour régner sur l’Europe ne verra pas les demi-finales. Pire, il regardera ses anciens coéquipiers les disputer face… à Arsenal. Cruelle ironie. Pour les Castillans, ce ne fut pas le dernier coup dur de la soirée puisque dans les arrêts du jeu de la partie ils ont concédé un deuxième but, signée Gabriel Martinelli (93e) en conclusion d’un contre rapide. Le coup de grâce.