Mort de Quentin Deranque : une marche d'hommage autorisée mais sous tension prévue à Lyon
Un contexte de tensions qui préoccupe des dirigeants politiques de tous bords et une inquiétude des services de l'Etat quant aux risques de débordements. Une marche blanche est prévue ce samedi 21 février à Lyon en hommage à Quentin Deranque, ce militant d'extrême droite de 23 ans mort il y a une semaine après une rixe avec des militants antifascistes. Si un certain nombre de rassemblements, manifestations et marches blanches auront lieu ce jour-là dans toute la France, celle organisée dans la préfecture du Rhône, où 2 000 à 3 000 personnes sont attendues, dont plusieurs centaines issues de l'ultradroite, est particulièrement scrutée par les autorités. Plusieurs groupes d'extrême gauche et antifascistes ont appelé à se mobiliser contre la présence de ces militants nationalistes dans les rues de cette ville.
De quoi susciter des craintes d'affrontements entre militants de l'ultradroite et de l'ultragauche. Faut-il dès lors autoriser cette marche blanche ? La question divise la classe politique. Plusieurs responsables politiques locaux, dont le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, ont demandé l'interdiction de cette manifestation, craignant que l'atmosphère de tension dans la ville et l'afflux de militants nationalistes et d'ultradroite venant potentiellement de plusieurs pays européens ne génèrent de nouvelles violences. "Pour garantir un cadre serein et prévenir toute violence, l’interdiction de cette manifestation constitue la seule décision responsable", a indiqué Grégory Doucet dans un communiqué jeudi, faisant part de "sa vive inquiétude" auprès de la préfecture du Rhône.
La France insoumise demande également l'interdiction de la marche, prévue selon Manuel Bompard, coordinateur national du parti, "pour être une véritable démonstration fasciste dans les rues". Une pétition en ligne, signée par près de 17 000 personnes ce vendredi à 11h, réclame également l'interdiction de l'événement.
Un dispositif policier "extrêmement important"
Les autorités françaises n'entendent pour autant pas interdire cette marche, a déclaré ce vendredi matin sur RTL le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Celui-ci a indiqué qu'après s'être entretenu avec la préfète du Rhône, il avait jugé possible d'"encadrer" la manifestation afin de s'assurer de son bon déroulement. "Je suis le garant de l'ordre public et je protège aussi la liberté d'expression", a affirmé le ministre de l'Intérieur. "Je ne demande pas l'interdiction de cette manifestation (...) Donc le cortège sera encadré par les forces de l'ordre." Laurent Nuñez a refusé d'en dire davantage sur le dispositif policier, sinon qu'il sera "extrêmement important".
Dans une lettre aux cadres du Rassemblement national (RN) consultées par plusieurs médias, le président du parti Jordan Bardella recommande aux élus RN de ne pas se rendre aux rassemblements d'hommage à Quentin Deranque prévus dans tout le pays ni "d'y associer" le parti, soulignant que "la famille et les proches de Quentin ne sont à l'initiative d'aucun d'entre eux".
Sur le plan judiciaire, l’enquête avance sur le décès du militant du collectif d'extrême droite Némésis survenu le 14 février. Sept hommes, dont deux collaborateurs du député La France insoumise Raphaël Arnault, fondateur en 2018 du groupuscule antifasciste la Jeune Garde, dissous par les autorités en juin 2025, ont été mis en examen jeudi soir à Lyon pour "homicide volontaire" ou "complicité". Onze personnes avaient été interpellées et placées en garde à vue dans le cadre de cette affaire.