Le « made in France » est trop cher pour la qualité qu’il offre
L’Institut Rexecode et Skema Business School ont interrogé des acheteurs dans six pays européens pour évaluer la compétitivité des exportations françaises de biens de consommation à destination des ménages.
Commençons par la bonne nouvelle : la compétitivité hors-prix des produits français – c’est-à-dire la qualité, l’ergonomie et le design, le contenu en innovation, la notoriété, les services associés, les délais, la variété des fournisseurs, entre autres – est relativement bonne. La France se classe, en effet, sur le podium pour trois des quatre secteurs étudiés : agroalimentaire (2ème rang sur 10 pays comparés), produits pharmaceutiques et hygiène beauté (3/10), et habillement et accessoires (3/10). Le secteur de l’équipement du logement est en retrait en occupant le 5ème rang.
En revanche, la compétitivité prix n’est pas bonne. Notre pays occupe ainsi la dernière place pour la pharmacie et hygiène beauté (10/10), le 7ème rang pour l’équipement du logement, et le 6ème concernant l’agroalimentaire. Seul le secteur de l’habillement et accessoires a un bon classement (2/10), « qui doit néanmoins être lu avec prudence compte tenu de son caractère exceptionnel », précisent les auteurs de l’étude.
Au final, le rapport qualité-prix des produits français est médiocre. La France est située en milieu de classement (6ème rang) dans l’agroalimentaire et dans la pharmacie et hygiène beauté, et avant-dernier du classement (9/10) dans l’habillement et accessoires.
Par rapport à 2022 (date de la précédente enquête), le rapport qualité-prix est en net recul, en particulier pour la pharmacie et hygiène beauté (3ème rang en 2022, 6ème en 2026) et pour l’habillement et accessoires (3ème rang en 2022, 9ème en 2026).
On notera que l’Allemagne conserve son leadership sur les critères hors-prix dans la plupart des secteurs, mais que sa compétitivité prix se dégrade. Elle reste néanmoins dans le trio de tête du rapport qualité-prix pour la plupart des secteurs.
Les auteurs de l’étude insistent sur la cohérence qui existe entre leurs résultats et les indicateurs de performance du commerce extérieur. « Le repli des exportations françaises dans les secteurs de l’agroalimentaire, de la pharmacie et l’hygiène beauté et de l’équipement du logement fait écho à ce que l’on observe dans les résultats de l’enquête. Le poids des exportations de la France dans celles de l’Union européenne pour ces trois secteurs s’est réduit de moitié en trente ans, illustrant une perte de compétitivité face à nos concurrents. »
Ce sont bien évidemment les impôts et les réglementations qui handicapent les entreprises françaises. A cet égard, le budget 2026 ne fait qu’aggraver la situation. Notre chute ne pourra être stoppée que par l’abaissement de la fiscalité et des normes.
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