Rapport sur l’audiovisuel public : gaspillages, manque de neutralité et de contrôle, conflits d’intérêts…
Le rapport de la Commission d’enquête sur l’audiovisuel public, dont le rapporteur est le député UDR Charles Alloncle, a été officiellement diffusé ce mardi, fort de 550 pages, à l’issue de très nombreuses auditions, et de 69 recommandations.
Manque de neutralité et de contrôle, conflits d’intérêts, coûts trop importants : ce rapport a pointé un audiovisuel public en « crise » qui ne répond plus aux « attentes des Français ». Parmi les « dysfonctionnements », « le plus grave est sans équivoque le désengagement des autorités de tutelle et de contrôle, lequel a permis les dérives de ce service public ». Il vise l’État et la Cour des comptes. Il préconise plus d’un milliard d’euros d’économies sur les quatre milliards que reçoit l’audiovisuel public de l’État pour faire fonctionner France Télévisions, Radio France et France Médias Monde (France 24, RFI). Cela passerait notamment par la suppression de la chaîne jeunesse France 4, la fusion de France 2 et France 5, où sont diffusés magazines et documentaires, ou encore celle de France Info et France 24 ainsi que celle des réseaux télé et radio France 3 Régions et ICI. Charles Alloncle souhaite appliquer un devoir de réserve aux salariés de l’audiovisuel public similaire à celui qui s’impose aux magistrats et enseignants et intégrer un « engagement de neutralité et d’impartialité » dans leurs contrats. Il propose d’interdire aux salariés de l’audiovisuel public d’être, par ailleurs, à la tête d’une société de production, et de mettre fin au « système des animateurs-producteurs ».
Le rapport a suscité des critiques acerbes, évidemment, des professionnels visés, ainsi que des hommes politiques biberonnés à l’étatisme. « Disons-le clairement : ce rapport passe malheureusement à côté de l’essentiel. C’est une occasion manquée », a taclé le Premier ministre Sébastien Lecornu. Tandis que la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, dénonce une « tentative d’affaiblissement historique ». De son côté, le président de la commission d’enquête, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus a accusé Charles Alloncle de vouloir « préparer les esprits » à une privatisation de France Télévisions et Radio France. Les critiques se sont focalisées sur le ton « vindicatif » du rapport ou du rapporteur lors des auditions (il est certain que quand on doit justifier d’avoir deux contrats de CDI à plein temps pour à la fois l’audiovisuel public et la mairie de Paris, on trouve facilement que les questions sont vindicatives !). Mais la plupart n’ont pas contesté vraiment le fond du rapport ; le biais idéologique marqué à gauche et l’utilisation de fonds publics riche en gaspillage et conflits d’intérêts.
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