Plus de 200 journalistes pour "l'opération vérité" de Fillon
"Peut-être qu'il roule en Formule 1 sur le périph'?", plaisante un journaliste. François Fillon a une dizaine de minutes de retard pour sa conférence de presse "opération vérité". Plus de 200 journalistes français et étrangers se sont pressés à son QG de campagne, à Paris.
Devant cette nuée de photographes, cameramen et rédacteurs, un pupitre blanc indique "Fillon2017", encadré par une estrade bleue et les drapeaux français et européen. Tout est en place. Stylos et caméras sont sur le qui-vive.
Costume noir, cheveux bruns, un homme traverse le rideau bleu. Les appareils photo crépitent mais fausse alerte... Une quinzaine de responsables du parti Les Républicains, dont Eric Ciotti et Gérard Longuet, ont pris place dans un "carré VIP", à droite de l'estrade.
Finalement, M. Fillon s'avance. Après un léger sourire aux caméras, il lance, dans une déclaration liminaire calibrée au mot près avec ses communicants, qu'il n'a "jamais rien caché" ni fait quoi que ce soit "contraire à la loi".
Chiffres à l'appui, l'ancien Premier ministre détaille le salaire moyen de son épouse pendant les 15 années et demie où elle a été son "attachée parlementaire": "3.677 euros net", "tous déclarés aux impôts". Puis celui de deux de ses enfants, qui l'ont assisté au Sénat.
Jouant la carte de la transparence, il détaille ensuite son patrimoine et le contenu de la quinzaine de comptes bancaires du couple.
Puis le candidat à la présidentielle présente ses "excuses aux Français". "Qui s'excuse s'accuse?", demande un journaliste à Patrick Stefanini, son directeur de campagne. La question reste sans réponse.
A la fin de la conférence de presse, les ténors LR font le service après-vente. Le député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, a trouvé Fillon "convaincant". "La nouvelle campagne qui s'ouvre s'annonce ouverte", lâche-t-il, sans sourire. Le sénateur de la Meuse Gérard Longuet, lui, l'a trouvé "clair et conforme à sa personnalité."
"La contre-attaque est lancée", assure l'ancien ministre du Budget, Eric Woerth. "L'unité est parfaite, tous les parlementaires ont compris la sincérité de François Fillon et sont en ordre de marche", s'enflamme Bernard Accoyer, secrétaire général du parti. "Maintenant, les frondeurs vont rentrer dans le rang", lâche le député filloniste Jacques-Alain Bénisti.
Laurent Wauquiez préfère s'éclipser sans faire le moindre commentaire.