Les gardes à vue des proches de Ziyed Ben Belgacem, l'assaillant d'Orly, ont été levées
TERRORISME - L'enquête sur l'attaque à l'aéroport d'Orly se poursuit, au lendemain des faits. Ce dimanche 19 mars, les gardes à vues du frère et du cousin du tireur, Ziyed Ben Belgacem ont été levées. Le père, également placé en garde à vue dans la journée de samedi, avait été libéré dans la soirée.
Les trois hommes se sont présentés spontanément aux commissariat, après l'attaque. Selon le témoignage de son père, Ziyed Ben Belgacem l'aurait contacté après s'être enfui du contrôle de police à Garges-lès-Gonesse.
"Il me téléphone à sept ou huit heures du matin et il me dit: 'Voilà Papa...' Il était énervé à l'extrême, même sa mère n'arrivait pas à le comprendre. Il me dit 'Je te demande pardon, j'ai fait une connerie avec un gendarme.' 'Quelle connerie ?' Il me dit : 'Au revoir, Papa, je te demande pardon'", a confié le père du tireur à Europe1 à la sortie de sa garde à vue.
"Mon fils n'a jamais été un terroriste", a affirmé le père de Ziyed Ben Belgacem. "Jamais il fait la prière : il boit. Et sous l'effet de l'alcool et du cannabis, voilà où on arrive." C'est en se rendant au commissariat, après l'appel de son fils, que le père de famille apprend la nouvelle. "Ça fait un choc, mais qu'est-ce que vous voulez ? C'est la fréquentation et la drogue... En fin de compte, c'est moi qui paye."
Le profil de suspect passé au crible
Le parquet antiterroriste a ouvert une enquête, notamment pour tentative d'homicide et d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle.
Sur l'assaillant, les enquêteurs ont retrouvé 750 euros, un exemplaire du coran, un paquet de cigarettes et un briquet. Chez lui, à Garges-lès-Gonesse, ont été découverts quelques grammes de cocaïne et une machette. Les enquêteurs analysent également son téléphone. Selon une source proche de l'enquête, une perquisition a été menée au domicile de ses parents sans apporter d'éléments intéressants.
Une autopsie a été réalisée dimanche qui permettra notamment de déterminer si l'assaillant était sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants.
L'enquête va s'attacher à rechercher d'éventuelles complicités. L'homme n'était pas fiché "S" (sûreté de l'Etat), mais avait été signalé pour "radicalisation" lors d'un séjour en prison en 2011-2012. Toutefois, après l'instauration de l'état d'urgence en 2015, une perquisition administrative de son domicile "n'avait rien donné" et aucun séjour en zone irako-syrienne n'a pour l'instant pu être établi.
"L'enquête n'a révélé à ce stade aucun élément sur un quelconque contact avec des membres de la mouvance jihadiste et sur un éventuel intérêt pour l'Etat islamique", a relevé dimanche une source proche de l'enquête.
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