Le programme de Valérie Pécresse est à compléter
« Projet contre projet » a déclaré Bruno Le Maire. Il a sans doute raison. Le choix des Français en avril 2022 sera largement déterminé par leur opinion sur les projets des candidats, c’est-à-dire sur la crédibilité et la qualité de ces projets, et en particulier sur leur précision.
Valérie Pécresse a été très précise sur certains de ses projets, et très vague sur d’autres.
Le programme migratoire de Valérie Pécresse
Pour le contrôle de l’immigration, elle a tenu compte de l’avis de son directeur de campagne, Patrick Stefanini, dont la compétence dans ce domaine n’est pas contestée.
Dans son livre Ces réalités qu’on nous cache, il proposait des mesures précises, que Valérie Pécresse a inscrites à son programme :
- quotas d’immigrés par métiers et par pays ;
- expulsion rapide des étrangers sortant de prison et des mineurs condamnés ;
- demandes d’asile déposées à l’étranger sinon rétention des demandeurs dans des centres fermés ;
- pas de visas pour les citoyens de pays qui refusent de reprendre leurs compatriotes expulsés de France ;
- cinq ans de résidence pour l’octroi de prestations sociales ;
- AME réservée aux cas d’urgence et de contagion ;
- contrôle des « déclarations anticipées » de nationalité à 18 ans (ce qui réduirait sensiblement le « droit du sol ») ;
- délais de jugement réduits à six mois y compris pour tous les délits quotidiens ;
- construction de 20 000 places de prison ;
- plafond de 30 % de logements sociaux par quartier.
Elle n’a pas repris certaines propositions de Patrick Stefanini :
- dénonciation des accords passés avec les pays du Maghreb dont les ressortissants bénéficient d’avantages injustifiés ;
- réduction des aides aux pays qui refusent leurs citoyens expulsés de France ;
- contrôle des mariages célébrés à l’étranger ;
- impôt sur les transferts financiers à l’étranger ;
- examen de français pour l’octroi de l’asile et les naturalisations ;
- droit d’asile limité à la résidence dans une seule commune.
Mais elle a ajouté trois mesures importantes :
- crime d’« intelligence avec l’ennemi » pour ceux consultant régulièrement des sites djihadistes ;
- peines plus fortes pour les condamnés des 62 « zones de reconquête républicaine » (les zones de non-droit) ;
- paiement par les condamnés du coût de leur incarcération.
Une partie économique à préciser
En matière économique, certains des projets de Valérie Pécresse sont précis :
- augmentation des salaires nets de 10 % par réduction des cotisations sociales salariales (jusqu’à un salaire net de 3000 euros par mois) ;
- allocations familiales de 900 euros par an à partir du premier enfant ;
- exemption fiscale tous les six ans pour les dons familiaux de moins de 100 000 euros.
D’autres projets mériteraient d’être précisés :
- dégressivité des allocations chômage après six mois (de combien ?) ;
- retraite à 65 ans (dans quels délais ?) ;
- baisse de 200 000 des effectifs de fonctionnaires (dans quels délais et quelles administrations ?) ;
- baisse des dépenses publiques annuelles de 45 milliards (idem) ;
- privatisations de 15 milliards (lesquelles ? dans quels délais ?) ;
- fin des 35 heures (suppression de la durée légale de 35 heures ? Quid des fonctionnaires ?) ;
- baisses des impôts (lesquels ? de combien ?) ;
- comité de la hâche de la simplification administrative (composition ? délais ? instructions ?) ;
- taxe carbone, impossible à définir précisément, est heureusement des plus vagues.
La campagne électorale ne fait que commencer.
Il est normal qu’à ce stade toutes les précisions n’aient pas été données.
Elles sont donc à venir.