Rafik Smati, entrepreneur et candidat à la présidentielle
Alors que l’élection présidentielle sombrait dans l’ennui de 50 nuances d’étatisme, monopolisée par des professionnels de la politique aux propositions dirigistes attendues et éculées, deux candidatures de dernière minute sont venues redonner un peu d’espoir à ceux qui croient que davantage de libertés individuelles et économiques feraient le plus grand bien à notre pays.
Le 11 janvier, c’est le philosophe Gaspard Koenig qui annonçait entrer dans la course aux parrainages. Puis, le 21 janvier, c’est l’entrepreneur Rafik Smati qui annonçait sa candidature, avec le soutien de son mouvement politique Objectif France.
Intéressons nous ici à ce candidat qui n’a sans doute pas (pas encore !) la notoriété qu’il mérite, et à son parti.
Un mouvement libéral-conservateur
Objectif France souhaite faire la synthèse entre deux courants de pensée : l’un plutôt libéral, se traduit par la volonté de sortir du socialisme économique. L’autre plutôt conservateur, ce dernier terme ne devant pas être compris comme moraliste mais comme un retour aux fondamentaux, sécurité et justice, jugées prioritaires pour rétablir la confiance entre les Français et leur République.
Fort de cette double appartenance, Objectif France a attiré deux familles de militants : d’une part, les libéraux qui se sentaient orphelins au sein des républicains ou qui végétaient dans des partis libéraux qui n’ont jamais vraiment décollé. D’autre part, des personnes de la société civile sans parti pris idéologique, qui ne s’étaient jamais vraiment intéressées à la politique mais qui ont été séduites par les idées originales, par la vraie démocratie interne du mouvement, et par l’originalité de son président, Rafik Smati.
Né en Algérie voici 46 ans, il est arrivé en France à l’âge de 2 ans, et professe un amour inconditionnel de la France. Il a créé plusieurs entreprises dans le numérique, dont il assume toujours la présidence. Voilà qui tranche avec le profil de nombreux candidats traditionnels, soit issus des grands corps de hauts fonctionnaires de l’État, soit politiciens professionnels.
Contrairement à Gaspard Koenig, il n’est pas un théoricien, mais sa vie professionnelle d’entrepreneur l’a poussé à comprendre la valeur de la liberté, et la nécessité de réduire le poids de l’État, tant fiscal que réglementaire, dans toutes les étapes de la vie quotidienne des entreprises comme des familles.
Rafik Smati et son équipe ont voulu que le programme d’Objectif France ne soit pas celui de quelques gourous ou d’une garde rapprochée, mais qu’il soit issu de l’ensemble des adhérents. Pendant 4 ans de travail acharné, ceux-ci ont construit «le projet le plus construit, le plus solide de tout le paysage politique français », selon l’expression du candidat lui-même, et ce sur pas moins de 50 thématiques.
Le programme de Rafik Smati et d’Objectif France
Certains observateurs extérieurs, encore perclus de leurs vieux réflexes politiciens, se sont fait forts de remarquer que ce programme est trop détaillé pour être réellement facile à présenter aux Français. Mais Objectif France ne veut pas que son programme soit une simple plateforme pour tracts électoralistes, il est une base concrète pour mettre au débat des propositions parfois très audacieuses pour que la spirale du déclin français puisse être enrayée, et surtout qu’il soit prêt à être lancé dès le lendemain d’une éventuelle bonne surprise électorale.
Plutôt que d’en faire la liste exhaustive (il y a plus de 700 propositions à découvrir ici), citons quelques idées-force emblématiques :
- Recentrer l’État sur ses missions régaliennes et susciter 130 milliards de baisse de dépenses publiques.
- Achever une vraie décentralisation en redéfinissant le périmètre de l’action publique entre Communes et Régions (RIP les départements), sans oublier de rendre au privé ce qui lui appartient, faire en sorte que chaque collectivité compte sur ses ressources fiscales propres pour arrêter la chasse aux subventions incitant aux gaspillages.
- Rénover la démocratie, notamment par l’adoption du référendum d’initiative citoyenne.
- Instaurer un chèque éducation permettant à tous les parents le libre choix de l’école de leurs enfants.
- Créer des task-forces spécialisées (policières et judiciaires) dans la reprise en main des quartiers où l’État de droit a disparu.
- Libéraliser le Code de l’urbanisme et en finir avec la socialisation du logement pour mettre fin au mal-logement.
- Suppression de l’indigne politique de la ville et le redéploiement d’une fraction de cette politique vers les territoires hors des grandes métropoles, parfois en déshérence.
- Construire une véritable alliance européenne contre le terrorisme islamique.
- Laisser les Français choisir librement leur assureur maladie, supprimer les bureaucraties non hospitalières telles que les ARS.
Aux lecteurs de Contrepoints, certaines propositions de ce programme fleuve ne paraîtront peut-être pas suffisamment libérales. S’agissant d’une synthèse participative de propositions émanant de personnes d’horizons divers, il ne pouvait en être autrement, et les plus puristes d’entre eux ne manqueront pas de faire à Rafik Smati un procès en impureté libérale, comme ils le font d’ailleurs également vis-à-vis de Gaspard Koenig.
Mais soyons certains que de par son parcours et sa personnalité, que chacun peut juger à l’aune des ses passages médias, Rafik Smati aura à coeur d’éviter que certaines idées de son mouvement ne tournent à la réédition des erreurs de l’étatisme dominant, et rappelons que le purisme libéral n’a jamais produit le moindre résultat politique tangible.
Quoi qu’il en soit, un appel est lancé aux élus de France pour que ces idées, qui élèvent le débat politique bien au-delà de ce que peuvent proposer les candidats établis, aux recettes sans saveur, puissent avoir leur chance de rencontrer les électeurs lors de la présidentielle. Mesdames, messieurs, à vos parrainages !
Avertissement : l’auteur est adhérent et membre du conseil national d’Objectif France