Julian Assange, symbole de la liberté d’expression menacée en Occident
L’état de la liberté d’expression en Occident peut se juger à la manière dont sont traités les lanceurs d’alerte comme Julian Assange. Lundi 18 juillet, à Paris, plusieurs organisations et médias ont lancé un appel destiné à obtenir la libération d’Assange et demandant à la France de lui accorder l’asile politique. Parmi elles, la ligue des droits de l’Homme, le syndicat national des journalistes (SNJ) et Anticor.
Au Mexique, le très à gauche président Andres Manuel Lopez Obrador a déclaré avoir plaidé la cause du journaliste australien auprès du président Joe Biden. Assange n’aurait selon lui « commis aucun crime sérieux ». Pour le président du Mexique, voir Assange derrière les barreaux seraient un « affront à la liberté d’expression ».
Extradition vers les États-Unis
Ce n’est bien sûr pas l’opinion des justices britannique et américaine, la première ayant finalement accepté en avril dernier le principe de son extradition vers les États-Unis, où il risque jusqu’à 175 ans de prison.
Julian Assange a fondé Wikileaks en 2006. Il est accusé d’avoir fait fuiter des informations confidentielles grâce à la lanceuse d’alerte Chelsea Manning en 2010, révélant auprès du grand public les preuves des crimes de guerre de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan.
S’en est suivie une longue période de persécution et de troubles, qui l’a conduit de l’ambassade de l’Équateur qui lui avait offert l’asile politique en 2012 pour finalement la révoquer en 2019 jusqu’aux prisons britanniques. Accusé de viol, cerné par des pays hostiles, Assange n’a cessé de plaider sa cause de journaliste et de lanceur d’alerte.
À l’occasion d’un rassemblement en soutien à Julian Assange, la fédération internationale des journalistes, par l’intermédiaire de sa présidente Dominique Pradalié, a défendu le travail de Julian Assange :
« Julian Assange qui a fondé Wikileaks en 2006 pour répondre à l’intérêt général, a poursuivi sa mission de journaliste œuvrant pour l’intérêt général en dénonçant en 2010 des crimes de guerre de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Les médias du monde entier ont relayé ces informations. »
Menace sur la liberté d’informer
Madame Pradalié a rappelé que les accusations portées contre Assange ont disparu et accuse les Américains et les Britanniques : « Nils Melzer, Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, démontre, dans un livre paru en février dernier (la traduction française est prévue pour septembre), comment le Royaume-Uni et les Etats-Unis se sont concertés pour détruire Julian Assange. »
This is the real reason Assange is in prison. #FreeAssange https://t.co/rxIQoaM9dj
— Edward Snowden (@Snowden) July 15, 2022
Si l’accusation portée est réelle, c’est la guerre contre la liberté d’expression conduite par les deux puissances occidentales qui pose question. Comme l’a noté J. D. Tuccille pour Reason.com le 6 juin dernier, cette nouvelle atteinte à la liberté d’expression s’inscrit dans un contexte global de menace contre les médias indépendants.
Citant Inaara Gangji de l’International Journalists’ Network, il écrivait : « Du manque de soutien aux journalistes dans des environnements hostiles à la censure étatique croissante et à l’oppression des reporters, il existe de nombreuses raisons d’être pessimiste quant à l’état de la liberté de la presse. »
« Si l’extradition de Julian #Assange a lieu, cela avertira les éditeurs, lanceurs d’alerte & journalistes du monde qu’ils ne sont plus en sécurité s’ils poursuivent un journalisme d’intérêt public. » – Président du syndicat australien des médias @PercyKaren @withMEAA #FreeAssange https://t.co/Nw6fTvQymp
— Admirators (@Site_Admirators) July 19, 2022