Wargon ou les ambiguïtés énergétiques de Macron
L’Élysée a proposé Emmanuelle Wargon jeudi pour présider la Commission de régulation de l’énergie. Cette ex-ministre au Logement et ex-secrétaire d’État à l’écologie sous le premier mandat de Macron se retrouverait à un poste clé des instances chargées du fonctionnement des marchés du gaz et de l’électricité. Et ceci dans une période de crise énergétique.
Très honorée de la confiance du Président de la République pour présider la CRE, sous réserve des auditions parlementaires.
La souveraineté énergétique, la protection des consommateurs, l’accélération de la transition écologique sont des enjeux majeurs que je défendrai. pic.twitter.com/DH26hYp50w— Emmanuelle Wargon (@EmmWargon) July 21, 2022
Cette potentielle nomination montre toute l’ambiguïté du président Macron et du gouvernement sur la question de l’énergie et du nucléaire, les déclarations passées de la ministre soulevant des questions.
Favorable à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim
Dans le passé Emmanuelle Wargon s’est montrée favorable à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Une position qui était la continuité de celle du président Macron.
La fermeture de Fessenheim doit être menée à son terme avec des compensations pour recréer de l’activité économique localement. #le79inter
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) February 1, 2017
En 2020, Élisabeth Borne, alors ministre de la Transition écologique et solidaire, et Emmanuelle Wargon, ont géré cette mise à l’arrêt du premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim.
Cette potentielle nomination arrive dans un contexte où l’Europe n’est pas autosuffisante et où plusieurs voix demandent aux Français de faire des économies d’énergie et des efforts, ce qui peut être en partie attribué à une politique énergétique qui n’a pas su combler les besoins sans être dépendante de la Russie. La France avait longtemps eu cette indépendance grâce à l’énergie nucléaire. Mais les hésitations de la présidence Macron (et de son prédécesseur Hollande) ont désormais des conséquences néfastes.
Les logements individuels, mal-aimés par Wargon
Emmanuelle Wargon avait aussi tenu des propos assez peu favorables aux logements individuels. Elle critiquait le système pavillonnaire et le lotissement qu’elle qualifiait de « non-sens écologique, économique et social ». Elle déclarait aussi :
» Les lotissements en périphérie des villes ne permettent pas toujours d’accéder à ces services et contribuent à un sentiment d’exclusion. Il faut donc repenser nos modèles d’urbanisme ».
Là encore dans un contexte où les dirigeants demandent des efforts aux citoyens, la nomination de Wargon à la Commission de régulation de l’énergie peut avoir des conséquences qui ne seront peut-être pas favorables aux propriétaires.