Macron va essayer de se justifier auprès des retraités demain
« Nous arrivons au terme du cheminement démocratique de cette réforme essentielle pour notre pays » pouvait-on lire sous la plume (numérique) d’Élisabeth Borne après le rejet des motions de censure déposée lundi contre son gouvernement.
Nous arrivons au terme du cheminement démocratique de cette réforme essentielle pour notre pays.
C’est avec humilité et gravité que j’ai engagé ma responsabilité et celle de mon Gouvernement.
Pour notre système de retraites par répartition.
Pour notre modèle social.— Élisabeth BORNE (@Elisabeth_Borne) March 20, 2023
Et pour clore ce « cheminement démocratique », quoi de plus naturel qu’une intervention du chef de l’État, Emmanuel Macron, pour arrondir les angles ? Un entretien est donc prévu mercredi à 13 heures mercredi sur TF1 et France 2.
Macron qui choisit le JT de TF1 un mercredi midi, au moins il ne fait pas semblant de vouloir s’adresser à tout le monde : y’aura que des retraités et des journalistes devant la télé.
— Grégoire Orain (@Grgrrn) March 21, 2023
13 heures en semaine ? Mais qui pourra suivre une telle intervention ? Pourquoi pas un soir ? Après tout, pour reprendre la communication de la Macronie, le « cheminement démocratique » a été plus que chaotique et les Français sont hostiles à une réforme court-termiste, mal ficelée et mal vendue, surtout destinée à prolonger quelques années un système par répartition en déclin. Dans la rue, les opposants ne décolèrent pas et les scènes de répression maladroites se multiplient, en contradiction avec les éléments de langage rassurant d’un exécutif qui a sauvé sa tête à 9 voix près.
France is on fire. Mass riots in response to Macron overriding the legislature. pic.twitter.com/LCny18guZT
— Ian Miles Cheong (@stillgray) March 16, 2023
Conclure le « cheminement démocratique » de la réforme des retraites par l’emploi de l’article 49-3 de la Constitution pour contrecarrer l’hostilité grandissante du Parlement apparaît pour beaucoup comme un détournement de procédure employé par un gouvernement à bout de souffle.
Parler aux retraités
Emmanuel Macron ne va donc pas s’adresser aux Français en général, hostiles à la réforme, mais à sa clientèle cible, les retraités. Si depuis son premier mandat le chef de l’État braconne sur les terres de l’extrême gauche (via la planification écologique) comme celles de l’extrême droite (incarner le « parti de l’ordre » face aux Gilets jaunes et à la chienlit gauchiste), son socle politique demeure les retraités, qu’il a protégés en priorité pendant la crise covid, et auxquels il a promis l’indexation des pensions sur l’inflation.
Demain, il y a fort à parier qu’il cherchera à rassurer ceux qui s’estiment lésés par le recul du départ à la retraite.
1-les JT de 13h sont regardés par les retraités ;
2-les retraités sont la seule catégorie de Français qui penche (de peu, du reste) en faveur de la réforme des retraites ;
3-40% des retraités ont voté Macron au 1er tour de la présidentielle de 2022.
= Macron vient les rassurer.— Christian Delporte (@chdelporte) March 21, 2023
Seulement, les dépenses sociales ont augmenté de 81 milliards entre 2019 et 2022 et elles augmenteront de 80,6 milliards d’ici 2026. Prolonger un système par répartition de quelques années ne suffira pas pour rétablir l’équilibre financier et la réforme ne fait que remettre au lendemain la transformation nécessaire du système des retraites. Reste à voir comment Emmanuel Macron va justifier la maxime « Après moi, le déluge ! » auprès de ses électeurs favoris.
La #ReformeDesRetraites n’est que la partie émergée d’un iceberg démographique.
Avec toujours – d’actifs pour financer toujours + d’inactifs, qui va payer pour le grand âge? Et la dépendance? Les besoins vont exploser et rien n’est prêt.
Nous sommes en plein déni démographique. pic.twitter.com/BuAkRwRd3p
— Maxime Sbaihi (@MxSba) March 17, 2023