Réussir la transition énergétique, c’est d’abord réformer l’État !
De 63 à 83 milliards d’euros par an !
C’est le coût annuel estimé de la transition énergétique en France pendant les dix prochaines années selon l’agence de la transition écologique (ADEME). L’institut de l’économie pour le climat (I4CE) chiffre quant à lui le coût de la transition dans une fourchette comprise entre 65 et 95 milliards par an.
Comprendre ce que représente cette somme
Pour cela il faut la comparer avec le budget de l’Éducation nationale qui s’établissait à 53,6 milliards d’euros en 2022 et à celui de la Défense qui représentait 41 milliards d’euros.
La fourchette haute du coût prévisionnel de la transition énergétique correspond donc aux budgets de l’Éducation nationale et de la Défense cumulés, chaque année pendant dix ans au minimum…
Le budget annuel actuellement dévolu à la transition énergétique de notre pays est de 20 milliards. L’effort supplémentaire à consentir sera donc compris entre 45 et 75 milliards par an pendant de nombreuses années.
C’est un investissement considérable correspondant à plus de 10 % de dépenses publiques supplémentaires si aucun effort de rigueur budgétaire n’est envisagé par ailleurs. Comment financer une somme aussi colossale ?
Financer la transition énergétique ne peut se faire que de trois manières :
- Par un endettement supplémentaire massif.
- Par une augmentation considérable de la pression fiscale.
- Par une réforme puissante de l’État permettant de réduire la dépense publique afin de dégager les marges budgétaires nécessaires.
La voie de l’endettement
Recourir à l’endettement est légitime quand il s’agit d’investissement mais semble compliqué à court terme avec l’envolée des taux d’intérêts et l’augmentation considérable de la dette liée à la crise sanitaire et à la politique du « quoi qu’il en coûte ».
L’endettement du pays s’établissait à 113,7 % du PIB pour un montant record de 2956 milliards d’euros au troisième trimestre 2022 selon l’INSEE. Or, l’endettement recommandé pour un pays développé ne devrait pas dépasser 60 % du PIB avec un seuil d’alerte à 100 %. Le dépassement de ce seuil d’alerte inquiète les investisseurs et a tendance à faire augmenter les taux d’intérêts auxquels le pays peut emprunter.
Augmenter massivement cette dette déjà considérable comporterait un risque important d’explosion de la charge de la dette, rendant celle-ci incontrôlable.
Augmention de la pression fiscale
Notre pays détient la palme de l’UE de la fiscalité la plus lourde sur le travail avec un taux d’imposition réel de 54,15 % contre 44,20 % en moyenne pour l’UE. Augmenter encore le taux des prélèvements achèverait inévitablement sa compétitivité.
L’impôt sur les sociétés a rapporté 58,9 milliards d’euros en 2022 et l’impôt sur le revenu 86,8 milliards… Ce qui correspond à peu près au coût annuel de la transition énergétique. Financer la transition par l’impôt reviendrait donc, au choix, à doubler l’impôt sur les sociétés ou à doubler l’impôt sur le revenu ! La voie de l’impôt est bien évidemment inenvisageable en France, toutes les marges de manoeuvre de ce côté ont déjà été utilisées.
Réduction de la dépense publique
Avec une dépense publique correspondant à 59,2 % du PIB en 2021 contre 44,2 % en moyenne dans l’UE selon l’INSEE, la France est de loin le pays le plus dépensier.
Ramener le niveau de la dépense publique française dans la moyenne européenne correspondrait à une baisse de 14,7 %, ce qui pour une dépense qui s’établissait en 2022 à 445 milliards d’euros équivaudrait à 65 milliards d’économies… Ce qui correspond très exactement à l’effort supplémentaire que notre pays va devoir consentir pour réaliser sa transition énergétique !
La voie de la réduction de la dépense publique est la seule qui puisse nous permettre de relever le défi climatique.
Les partisans d’une écologie dévoyée qui, à l’instar de Sandrine Rousseau, ne rêvent que de taxer toujours plus, réalise ainsi le protocole anticapitaliste de Karl Marx : « il n’y a qu’une seule façon de tuer le capitalisme : des impôts, des impôts et toujours plus d’impôts ! »
Les écologistes rationnels et responsables savent que l’économie libre n’est pas l’ennemie de l’écologie mais sa condition sine qua non. Ils doivent tenir un langage de vérité et plaider pour une réforme puissante de l’État afin d’en diminuer le coût. C’est le seul moyen crédible pour financer l’indispensable transition énergétique. Précisons toutefois qu’une diminution du coût de l’État ne signifie pas nécessairement un service public moins efficace. De nombreux pays européens nous démontrent qu’ils peuvent fournir à leurs citoyens un service public aussi bon qu’en France pour un coût nettement inférieur.
Conclusion
Réussir la transition énergétique est indispensable pour préserver l’avenir de nos enfants.
Cette transition peut et doit se faire sans augmenter les impôts et la dette afin de préserver notre compétitivité et la prospérité des classes moyennes. Après des décennies de reculs et de lâchetés des politiques de tous bords confondus, nous allons devoir faire la réforme de l’État afin de rationaliser la dépense publique…
C’est l’urgence écologique qui rend désormais cette réforme nécessaire.