France : croissance revue à la baisse et intentions de recrutement des entreprises en chute
Tout arrive ! Le gouvernement français a annoncé mardi un plan d’économies de six milliards d’euros destiné à tenir l’objectif de réduction de déficit public en 2026 face au coût engendré par la guerre au Moyen-Orient.
Environ quatre milliards d’euros de dépenses de l’Etat pourraient être gelées cette année et deux milliards au titre des dépenses sociales, a annoncé le ministre chargé des Comptes publics, David Amiel, à l’issue d’un comité d’alerte des finances publiques réunissant ministres, parlementaires, élus locaux et partenaires sociaux concernés par les finances publiques. Certes, cela ne représente que 0,3% du total des dépenses publiques et l’équivalent de 4 % du déficit, mais c’est mieux que rien dans une sphère publique qui hurle qu’elle est « à l’os » dès qu’est envisagée une hausse annuelle de ses budgets légèrement inférieure au rythme de l’inflation et alors qu’elle bénéficie des dépenses les plus élevées de la planète en proportion du revenu national.
Plus tôt ce mois-ci, l’exécutif a par ailleurs abaissé à 0,9% sa prévision de croissance pour 2026, contre 1% attendu auparavant, et relevé sa prévision d’inflation à 1,9%, contre 1,3% anticipé précédemment. D’après le gouvernement, la crise a engendré un renchérissement significatif du service de la dette, estimé à 3,6 milliards d’euros. Le rendement de l’OAT française à dix ans évoluait mardi à 3,60% contre 3,21% avant le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu devait dévoiler mardi soir un nouveau paquet d’aides ciblées pour le mois de mai. « Pour les secteurs pêcheurs, agriculteurs, transporteurs routiers, clairement, il y aura sans doute besoin de poursuivre les aides sous une forme ou sous une autre et on s’interroge sur l’opportunité d’élargir ces aides à d’autres gros rouleurs », a indiqué Roland Lescure. Reste à savoir s’il s’agira de subventions, ou d’un allègement des charges. Bien sûr, l’exécutif aurai aussi pu décréter une réduction des taxes sur l’essence, équivalentes à 60 % du prix à la pompe, un des niveaux les plus élevés d’Europe, pour compenser la hausse du prix provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz (c’est ce qu’ont décidé les gouvernements italien et allemand), mais cela serait sans doute trop simple pour Bercy…
Cette conjoncture inquiétante s’ajoute à un contexte déjà peu favorable pour les embauches. Selon une enquête réalisée avant le début de la guerre entre les Etats-Unis/Israël et l’Iran, les intentions de recrutement des entreprises en 2026 diminuent de 6,5% par rapport à 2025, la baisse concernant tous les secteurs d’activité et « une grande majorité des métiers », selon une enquête réalisée par France Travail publiée mardi. Le nombre de projets de recrutement chute de 158 000 à 2,27 millions ; soit le plus bas niveau depuis 2018, et de 764 400 par rapport au pic de l’année 2023 (3,04 millions), selon l’enquête réalisée auprès de 1,77 million d’établissements entre octobre et décembre 2025.
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