Salon du Bourget 2017: Le géant européen Airbus doit-il avoir peur du Brexit?
AVIATION - La coopération européenne a du bon, tant qu'elle marche. Alors que les négociations pour le Brexit vont bien débuter comme prévu lundi 19 juin, une des stars du Salon international de l'aéronautique du Bourget, qui a ouvert le 15 juin, s'inquiète de ses conséquences.
En effet, le groupe Airbus fait partie des grands que le Brexit pourrait pénaliser s'il se complique. Dans une interview au Sunday Times, le 11 juin, le directeur général d'Airbus Fabrice Brégier a été très clair: il n'hésitera à réduire la voilure au Royaume-Uni.
"Pour les nouvelles productions, il est très facile d'avoir une nouvelle usine quelque part dans le monde. Nous aurions plein de propositions, a-t-il expliqué. Nous voulons rester en Grande-Bretagne, pourvu que les conditions pour travailler dans une organisation intégrée soient remplies."
16.000 employés sur 133.000 au Royaume-Uni
Quel rapport avec l'outre Manche? Contrairement à ce qu'on pourrait croire, Airbus ne se limite pas à Toulouse, loin de là. Il s'agit d'un groupe largement internationalisé, avec une forte présence industrielle en Angleterre avec 16.000 employés sur 133.000. Et un chiffre d'affaires local de 8 milliards de livres.
Or, Airbus est une entreprise intégrée, un mécano à l'échelle de l'Europe. Si l'assemblage des A320 et autres A380 emploient 11.500 personnes à Toulouse, certaines pièces du puzzle viennent de Grande-Bretagne, des usines de Flinton, près de Bristol, et Broughton, au Pays de Galles.
C'est le cas des ailes par exemple. Ou encore les moteurs Rolls Royce Trent 900 conçus spécialement pour l'A380. Vous imaginez bien qu'Airbus aurait du mal à s'en passer... Il ne faut pas non plus oublier les difficultés supplémentaires que représenteraient de nouvelles mesures anti immigration.
Un Brexit défavorable pourrait ajouter de nouveaux droits de douane sur ces ailes et moteurs, au moment de les exporter vers la France. Une pilule que Fabrice Brégier n'a pas l'air de vouloir avaler.
Comme il le suggère, il pourrait renforcer sa présence dans l'un des nombreux autres pays où il travaille déjà en Europe (Allemagne, Espagne, Pologne), ou en Asie (Chine, Inde...).
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