“Never Rarely Sometimes Always” : Eliza Hittman filme deux jeunes femmes en butte au patriarcat
Ce troisième long métrage de la réalisatrice américano-britannique opère un décalage par rapport à ses deux premiers films : It Felt Like Love (2013) et le très beau Les Bums de plage (2017). Il ne s'agit plus pour elle d'explorer l'appétit sexuel d'ados en proie au doute, mais plutôt de voyager sur une autre pente, celle du rejet des rapports de domination qui innervent la sexualité et plus généralement le rapport au monde des adolescentes. Elle ne filme plus les mains qui caressent et étreignent mais celles qui contraignent et importunent.
Grand Prix de la dernière Berlinale, Never Rarely Sometimes Always suit les pas d'Autumn, une lycéenne de Pennsylvanie qui découvre qu'elle est enceinte. Confrontée aux institutions ouvertement pro-life de sa ville et désirant cacher sa grossesse à ses parents, elle décide de partir avorter en cachette dans une clinique new-yorkaise, accompagnée de sa cousine.