Lescop : “Joy Division fera toujours partie de moi”
Quarante ans après le suicide de Ian Curtis, comment expliques-tu que le mythe Joy Division soit toujours intact ?
C'est normal car Ian Curtis est le premier d'une typologie de chanteurs comme il n'y en avait pas eu avant lui, à la manière d'Elvis Presley ou de Jim Morrison dans d'autres registres. En tant que grand fan des Doors, je considère d'ailleurs Ian Curtis comme la version européenne, froide et bétonnée de Jim Morrison. Comme ce dernier, Ian Curtis a apporté des références littéraires telles que William Burroughs ou les poètes beat dans la musique de Joy Division.
Le nom du groupe vient d’ailleurs d’un livre étrange de Ka-Tzetnik 135633. Je pense qu'il fantasmait autre chose que ce qu'il est devenu malgré lui, il se rêvait davantage en little Joe ou en Lou (Reed) comme il l'a écrit dans un poème pour sa femme Debbie. C'est aussi la particularité du mythe de Ian Curtis. Avec le temps, il symbolise un archétype, une icône et il fut un point d'ancrage dans ma culture musicale. C'était mon héros lorsque j'étais un petit punk de 16 ans.
C'est à travers une chanson ou un album en particulier que tu as plongé dans l'univers de Joy Division ?