Entre les murs d'“Une vie secrète”, huis clos romanesque sous Franco
Le jeune cinéma espagnol est radieux. La formule a pris racine au milieu de la décennie passée et chaque année depuis, un nouveau petit phénomène vient inéluctablement raffermir la tendance : La Isla mínima d’Alberto Rodríguez (2014), La Colère d’un homme patient de Raúl Arévalo (2015), Que dios nos perdone (2016) et El Reino (2018) de Rodrigo Sorogoyen.
Au-delà de l'attrait de ces œuvres pour les formes contemporaines du cinéma de genre américain (True Detective, Se7en, House of Cards et toute la filmographie des frères Coen), un·e observateur·trice remarquera l’autre trait d’union qui relie cette nouvelle vague ibérique.
Un corps et un visage : celui de l’acteur Antonio de la Torre. Combinant dans sa présence étrange l’assurance athlétique du prédateur (les épaules) à la vulnérabilité de l’animal traqué (les yeux), La Torre compose des personnages de témoins impuissants – et en même temps, jamais étonnés – d’un monde qui s’écroule devant leurs yeux.