Une jeune héroïne dans la Casablanca cruelle, solaire et sensuelle des années 1990
Maroc, printemps 1994. Sur les hauteurs de Casablanca, pour célébrer l’Aïd, on s’apprête à sacrifier le mouton. Tirée par les cornes, la bête couine, ralentit le pas, mais se laisse tout de même traîner vers son destin. “Pourquoi il ne s’enfuit pas ?”, demande une jeune femme qui assiste à la scène. L’adolescent à ses côtés hausse les épaules : “Peut-être qu’il ne sait pas qu’il y a une porte.”
La jeune femme s’appelle Sarah. Héroïne de ce premier roman réussi, elle ne veut pas comprendre, ni même envisager, la résignation de la bête docile. Elle préfère croire qu’il y a toujours une porte pour s’enfuir. Une occasion à saisir pour “faire dévier les lignes de sa vie misérable”.