Bob Dylan, Nick Cave, The Beatles… Voici les 10 plus grands documentaires rock
1967 – Don’t Look Back de Donn Alan Pennebaker
Premier grand documentaire rock de l’histoire, Don’t Look Back capte, en direct, un Dylan en pleine mutation électrique. Nous sommes au milieu des sixties, à Londres, et la caméra du grand documentariste D. A. Pennebaker filme la star en représentation, faisant trembler la frontière entre vie publique et domaine privé. La légende Dylan est en marche et Pennebaker est son prophète.
1968 – Monterey Pop de Donn Alan Pennebaker
Toujours dans les bons coups, Donn Alan Pennebaker est à Monterey en 1967, au cœur du Summer of Love, pour immortaliser le premier grand festival pop. Modèle du genre, Monterey Pop, qui exercera une influence directe sur Woodstock, plus célèbre mais moins séduisant, enchaîne les performances mythiques de Janis Joplin, Otis Redding, Jimi Hendrix ou même Ravi Shankar…
1970 – Gimme Shelter de David Maysles, Albert Maysles et Charlotte Zwerin
Centré autour du concert des Rolling Stones à Altamont, à la fin de l’année 1969, qui a vu la mort d’un spectateur assassiné par un Hell’s Angels, Gimme Shelter est un film crucial qui se transforme en une réflexion intime sur le reflux des utopies. Comme un chant funèbre qui est aussi un chant d’amour pour Mick Jagger et ses camarades.
1980 – Rude Boy de Jack Hazan
Semi-documentaire, Rude Boy, réalisé par le trop rare Jack Hazan, suit le parcours de Ray Gange, fan et roadie des Clash. Dans une Angleterre qui vient de basculer dans le thatcherisme, l’ambiance est électrique, d’autant plus que les prestations scéniques du groupe de Joe Strummer et Mick Jones sont omniprésentes et fabuleuses. Un film trop méconnu qui est pourtant un des sommets du cinéma rock.
1981 – D.O.A. de Lech Kowalski
En 1978, Lech Kowalski, cinéaste anglais plutôt underground, suit les Sex Pistols pendant leur dernière tournée américaine. Jamais personne ne s’est approché d’aussi près du groupe le plus nihiliste de l’histoire du rock. Cette proximité unique se traduit par d’impressionnantes séquences de concert mais aussi par des moments captés à l’arrache, comme ces quelques scènes culte où l’on voit Sid Vicious et Nancy avachis dans une chambre d’hôtel. D.O.A., film profondément anarchiste, est bien le documentaire punk ultime.
1984 – Stop Making Sense de Jonathan Demme
S’il n’y avait qu’un film concert à emporter sur une île déserte, ce serait forcément Stop Making Sense, modèle du genre. Jonathan Demme, qui à l’époque, n’a pas encore réalisé Le Silence des agneaux, filme, comme si c’était une fiction, les Talking Heads en live au moment de la sortie de leur album Speaking in Tongues, au Pantages Theater d’Hollywood. Quand l’élégance s’allie à l’énergie et à l’invention, ça donne Stop Making Sense…
2004 – Dig! d’Ondi Timoner
Le réalisateur, Ondi Timoner, a suivi pendant sept ans deux groupes centraux de la scène néopsychédélique de la fin des années 1990, The Dandy Warhols et The Brian Jonestown Massacre. Les leaders des deux groupes, Courtney Taylor-Taylor et Anton Newcombe, sont amis mais leur rivalité est le vrai sujet de Dig!, document exceptionnel sur une période qui n’a pas l’aura mythologique de la pop californienne des sixties ou du punk, mais qui, grâce à Ondi Timoner, est restée gravée dans nos mémoires.
2014 – 20 000 jours sur Terre d’Iain Forsyth et Jane Pollard
Vrai-faux journal filmé de Nick Cave, 20 000 jours sur Terre est un film qui tranche dans l’histoire du documentaire rock. Sa forme s’approche de la fiction mais le film reste malgré tout un documentaire qui tente de pénétrer dans le cerveau du leader des Bad Seeds, notamment à travers sa voix off qui prend la forme d’une psychanalyse sauvage. Indispensable pour les fans de Nick Cave, 20 000 jours sur Terre passionnera toutes celles et ceux qui s’intéressent intimement au processus créatif.
2022 – The Velvet Underground de Todd Haynes
Véritable déferlement d’archives rares et d’entretiens de première main, The Velvet Underground raconte, sans utiliser aucune voix off, la brève odyssée créative d’un groupe fondamental et ô combien influent, des décennies après sa séparation. En virtuose du montage, Todd Haynes est parvenu à donner une forme scintillant de mille feux à ce récit captivant où l’histoire et la mythologie se mélangent avec une grâce de tous les instants.
2022 – Get Back de Peter Jackson
À l’origine de Get Back, il y a un autre film devenu invisible, Let it Be (1970) de Michael Lindsay-Hogg, qui met en scène les Beatles en studio, au bord de la séparation. Un peu plus de cinquante ans plus tard, Peter Jackson a eu accès à l’ensemble des images filmées à l’époque. Il en a tiré une fresque domestique de huit heures qui montrent les Beatles comme on ne les avait jamais vus auparavant. Résultat : un objet totalement fascinant qui joue avec le temps réel et réactive imparablement notre passion inextinguible pour le groupe le plus célèbre du monde.