Municipales à Paris : 100 000 euros d’aide à l’achat de logement et un mars
Par Nafy-Nathalie.
Accorder 100 000 euros d’aide à l’achat d’un logement à Paris ? Vous pensiez cela impossible ou absurde ? Eh bien détrompez-vous !
Paris se vide. Acheter un logement est de plus en plus difficile pour les ménages des classes moyennes. Heureusement, le candidat LREM à la Mairie de Paris, Benjamin Griveaux et ses co-listiers, très conscients du problème, touchés par la lumière, ont eu une vision qu’ils ont proposée très sérieusement comme promesse de campagne.
Fermez les yeux et imaginez un peu : un organisme créé spécialement, inauguré de petits fours et de champagne, ayant pour unique but de distribuer 100 000 euros par là ou par ici à tout ménage qui voudra acheter sa résidence principale dans la capitale…
Alors, n’ayez pas peur non plus… LREM n’est pas inconsciente, enfin, pas totalement.
Un projet peu clair
Elle ne prévoit pas ou pas encore de jeter l’argent public par les fenêtres ! D’ailleurs, faire cela ne serait pas raisonnable du tout et notre sieur Griveaux, très au fait de ces choses-là, tient à ce que tout soit bien clair.
— Ce n’est pas un prêt mais un apport.
Ce qui fait une belle jambe au contribuable parisien, les aides publiques n’étant pas des mannes tombées du ciel mais bien de l’argent souvent gagné durement par les contribuables, qui sera donc immobilisé le temps de l’opération.
— Au moment de la revente, la Ville récupèrera une part de la plus-value qui sera plafonnée autour de 20 %.
Et là on sent que le projet commence à perdre en clarté.
D’accord, ce n’est pas un prêt mais un apport à rembourser quand même, comme un prêt, bien que cela n’en soit pas un. Puis il se corse franchement parce que l’on ne rembourse pas une somme fixe mais un pourcentage de la plus-value en cas de revente, avec – attention- un plafonnement à 20 %…
Un esprit taquin pourrait remarquer que LREM joue avec l’argent du contribuable et qu’au lieu de rembourser à taux fixe, il choisit le taux variable car c’est beaucoup plus fun finalement.
Un autre pourrait parler tout simplement de spéculation et faire remarquer qu’il serait alors très imprudent d’élire un candidat qui rêve de spéculer avec l’argent public sur les prix de l’immobilier.
Le bon et le mauvais spéculateur
Il y a de surcroît le côté éthique qui relève de la différence entre le bon et le mauvais spéculateur très certainement, la ville étant le bon, dans ce cas-ci, n’en doutez pas !
On aboutit à un paradoxe curieux : par cette mesure, LREM prétend faire diminuer les prix de l’immobilier, alors qu’elle n’y aurait justement aucun intérêt financier. Eh oui, aucune plus-value si les prix baissent… Difficile de se départir de cette image d’un chien qui tourne en rond pour se mordre la queue.
Une limite est évoquée à ce projet loufoque : un plafond de revenus.
Ouf ! Enfin, on dit ouf avant de réfléchir un peu, car à la réflexion, ce qui se voulait rassurant semble plutôt inquiétant.
Imaginez que soit facilité l’accès à la propriété de ménages n’ayant pas la capacité de l’assumer, qui auront des difficultés à s’acquitter des charges courantes de copropriété, et qui, au moindre vote de travaux risquent de perdre pied. Les dégâts financiers peuvent être importants. En même temps, c’est un moyen sûr de les conduire à vendre au premier imprévu. Or, si nous revenons au point 2, la vente est justement le moyen pour la ville de se rembourser.
Si on peut reconnaître du talent à LREM, c’est dans sa constance à faire des propositions toutes plus inabouties ou stupides les unes que les autres, et dans tous cas contre-productives.
Enfin… Contre-productives si l’idée exprimée est bien celle du but recherché : le candidat porteur de ce projet est un socialiste qui a dérivé vers LREM et a été secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances au sein du gouvernement Édouard Philippe.
Je ne sais pas vous, mais moi, cela me laisse pensive.