Macron joue la carte écolo avec la planification écologique
Après avoir siphonné la droite au premier tour, Emmanuel Macron essaie de siphonner la gauche au second tour. Pour arriver à capter le vote utile à gauche au premier tour, qui s’était massivement porté sur Jean-Luc Mélenchon, le président candidat ressort les deux mêmes recettes qui pourrissent la vie politique française depuis 50 ans : la diabolisation et l’écologie.
L’écologie politique
On était habitué aux petits jeux politiciens autour du refrain « l’écologie est un sujet transverse, apartisan et qui dépasse les clivages » qui a permis à Nicolas Hulot ou à Barbara Pompili de siéger dans le fauteuil inauguré par Robert Poujade (à ne pas confondre avec Pierre) en 1971.
Déjà 50 ans d’écologie politique en France. Et en 50 ans, rien n’a changé : l’écologie est toujours le ramasse miettes électoral, l’attrape gogos qui permet de grapiller les pourcentages qui manquent pour faire une majorité.
Qui peut être contre l’écologie, contre les fleurs et les vaches dans les prés, les forêts et les couchers de soleil ?
Puisque personne n’ose se battre contre le camembert au lait cru ou contre la fin du monde, l’écologie est le sujet rase-gratis par excellence qui permet de se construire une morale à toute épreuve et de ratisser large à moindre coût.
Cependant, cette fois-ci, la barre a été placée très haut. Ce n’est pas seulement d’écologie qu’il fallait parler pour avoir une chance d’attirer les bonnes grâces des défenseurs des feuilles vertes : il fallait parler de planification écologique.
De la bonne planification politique, du bon État stratège, comme les nostalgiques des régimes totalitaires du XXe siècles aiment à en rêver.
De la bonne machine à diriger, à vérifier, à mettre dans le droit chemin, à base d’apparatchiks, de complexes stratégico-industriels, de corruption généralisée et de commissaires politiques pour surveiller vos moindre faits et gestes.
Un Premier ministre chargé de la planification écologiste
Emmanuel Macron n’a cependant pas hésité à franchir le pas.
Selon ses propres termes, son « prochain Premier ministre sera directement chargé de la planification écologique ». Pour cela il sera flanqué de pas moins de deux ministres chargés de « planifier la sortie du gaz, du pétrole et du charbon » et d’organiser au niveau local cette même transition écologique.
Il s’agit ni plus ni moins de reprendre mot pour mot une proposition phare du programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon.
Sortons de la langue de bois, cette manœuvre politicienne est proprement scandaleuse. Non seulement l’appel du pied est totalement assumé et décomplexé, mais l’horizon d’un poste de ministre d’État bien dodu et bien inutile parmi le doublon annoncé est tellement évident qu’il en est quasiment obscène.
Les paris sont lancés pour savoir quelle personnalité de la France Insoumise sera gratifiée d’un des deux titres ronflants et des avantages, émoluments et exposition médiatique l’accompagnant, pour remerciements de bons et loyaux services.